Résumé

Camille Mélinand Revue des Deux Mondes tome 119…

Reste la rougeur par confusion. Un enfant vient de mentir : il rougit, pourquoi ? C’est que tout d’un coup il a peur qu’on ne flaire son mensonge. Peut-être sait-il qu’on le soupçonne, peut-être notre visage a-t-il exprimé un doute : il tremble que sa pensée secrète ne soit démasquée. — Un bienfaiteur est pris en flagrant délit de bonnes œuvres : il rougit : c’est qu’il voulait cacher ses bonnes œuvres, il tenait, par une pudeur de la charité, à les accomplir secrètement, il voit soudain apparaître une personne connue : il craint qu’elle n’ait tout deviné.
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Camille Mélinand Revue des Deux Mondes tome 119…

Toutes les fois que nous rougissons, nous craignons pour ce qu’il y a de secret en nous. Nous avons peur qu’on ne voie au fond de nous : modestes, nous avons peur qu’on ne voie au fond de nous une joie de vanité ; pudiques, qu’on ne voie au fond de nous une pensée interdite ; timides, qu’on ne voie au fond de nous une émotion ridicule ; coupables, qu’on ne voie au fond de nous un souvenir inavouable.
Dans tous ces cas, la rougeur va directement contre notre intérêt. Nous tremblons qu’on ne devine en nous une joie secrète, et la rougeur trahit cette joie.
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Camille Mélinand Revue des Deux Mondes tome 119…

La jeune fille qui entend un mot inconvenant se soucie, sans doute, un peu de son visage qu’elle veut garder calme et naturel ; mais ce qui est dominant en elle, c’est la crainte qu’on ne voie au fond de son âme ce qu’elle tient à cacher. L’homme qui reçoit des éloges cherche, sans doute, à garder une physionomie impassible ; mais ce qui le gêne au-dessus de tout, c’est l’idée que sa vanité secrète peut être devinée. — L’attention portée sur soi est donc peut-être un fait fréquent, peut-être même un fait constant : à coup sûr, ce n’est pas le fait essentiel, le fait influent, la cause.
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