Résumé

Portrait de André Maurois André Maurois Par la faute de M. de Balzac

Eh! oui, avait-il dit, ce que vous appelez une «personnalité» n'est qu'un chaos de sensations, de souvenirs, de tendances, et ce chaos est impuissant à s'organiser lui-même. Mais vous semblez oublier qu'il peut être organisé de l'extérieur. Une doctrine peut orienter ces petits éléments dispersés comme un aimant oriente les grains de limaille. Un grand amour, une croyance religieuse, un préjugé plus vigoureux que les autres introduisent dans un esprit l'invisible armature qui lui manquait et lui permettent d'atteindre à cet état d'équilibre qui est en somme le bonheur.
Source : Gutenberg

Portrait de André Maurois André Maurois Par la faute de M. de Balzac

La vie devait lui offrir un spectacle bien décevant.
Trélivan, intelligence presque trop rapide, esprit sarcastique, réaliste et d'une grande pudeur d'enthousiasme, avait été beaucoup moins séduit qu'agacé par l'ardeur, peut-être maladroite, de sa femme. La naïveté plaît aux contemplateurs; elle irrite les hommes d'action. Surtout il avait éprouvé le terrible ennui qu'inspirent l'admiration et la certitude d'être aimé.
Source : Gutenberg

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Thérèse Trélivan avait trente-neuf ans. Une fois encore, la dernière peut-être, la vie pouvait devenir pour elle un terrible et délicieux mélange de douleur et de joie; une fois encore elle pouvait connaître les rendez-vous, les lettres cachées, les raisonnements sans fin de la jalousie. Son amant serait un adolescent qui peut-être avait du génie; ce rêve de protection maternelle que son mari avait si sèchement interrompu, peut-être allait-elle pouvoir le reprendre avec un homme qui lui devrait tout.
Source : Gutenberg

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