Résumé

Charles Bénard L’esthétique allemande contemporaine

Cette théorie de l’art et du beau a une analogie manifeste avec l’idée de l’art dans l’esthétique idéaliste, telle qu’elle est d’abord dans Kant, puis dans Fichte, dans Schelling, Hegel, telle que Schiller la formule en ces vers : « La vie est le sérieux, la sérénité appartient à l’art. » Où est donc l’originalité de cette doctrine ? Elle est dans ce qui en fait le vice radical : la négation de la volonté et avec elle de l’individualité, de l’activité. L’art nous fait oublier les souffrances de la vie, mais c’est en nous donnant l’idée, le spectacle vivant d’une vie plus haute.
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Charles Bénard L’esthétique allemande contemporaine

Il donne le goût et le pressentiment d’une sorte de vie immortelle et divine ; l’art est aussi appelé une révélation et il l’est en effet. Ainsi l’entendent tous les systèmes antérieurs, où s’est développé l’idéalisme. Malgré leurs défauts, aucun ne reste dans la négation ; tous affirment la vie, sauf à l’accuser trop faiblement et à l’absorber à leur tour, dans une vague généralité. Quoi qu’il en soit, tel est à la fois le caractère et le vice radical de l’esthétique de Schopenhauer. Lui, s’arrête dans la négation. Le néant de la vie, tel est le but de l’art.
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Charles Bénard L’esthétique allemande contemporaine

Il est plus ou il est moins. Le réalisme, tel qu’on l’a vu dans Herbart et Schopenhauer, n’exclut pas la métaphysique. Loin de là, tous deux l’admettent et elle joue un grand rôle dans leur système. Le positivisme l’exclut. Aussi la différence est très-grande. Or que peut produire pour la science qui nous occupe, la science du beau, et la philosophie de l’art, un système qui proscrit tout à fait la métaphysique ? Nous croyons qu’il sera, par là même, condamné à l’impuissance. Tout seul, avec sa méthode, il fera tout au plus une sorte d’histoire naturelle de l’art.
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