Résumé

Ch. Bénard L’Esthétique allemande contemporaine…

Platon raisonnait sur le beau et concevait son modèle divin, quand l’art s’éloignait de plus en plus de cet idéal et ne s’étudiait plus guère qu’à flatter les sens, à sourire à la passion, à lui agréer. Si Aristote pose les règles de la tragédie, c’est qu’elle a déjà produit des chefs-d’œuvre. De même c’est quand l’art moderne est sur son déclin, ou que la réflexion s’y môle à l’inspiration pour enfanter des chefs-d’œuvre d’un genre nouveau, que les questions sur le beau et l’art seront soulevées et agitées, qu’on cherchera à se rendre compte des procédés mystérieux du génie.
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Ch. Bénard L’Esthétique allemande contemporaine…

Ce qu’il décrit et critique avec plus de rigueur, c’est le goût, la faculté de juger, qu’il analyse et qu’il juge. Le beau en soi, pour lui, n’existe pas. Ses successeurs font de même : Schiller lui-même, quoiqu’il essaie de sortir de ce point de vue. — Avec Schelling et l’idéalisme transcendental, un autre mouvement commence. C’est alors le beau lui-même, le beau objectif, qui est abordé, étudié, proclamé. L’art est considéré en lui-même dans ses productions et ses œuvres comme manifestation de l’absolu. Tout ce qui vient après est conçu dans le même esprit.
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Ch. Bénard L’Esthétique allemande contemporaine…

La science du beau et de l’art subit au moyen-âge une éclipse totale ; celle-ci non-seulement se prolonge pendant tout le temps de la Scolastique, mais elle dure plus de deux siècles encore après elle. Quand les autres sciences que l’antiquité avait cultivées reparaissent, celle-là seule n’est pas évoquée ; il n’y a pas pour elle de renaissance. Le xviie siècle lui-même la laisse tout à fait dans l’oubli. Aucun des grands esprits qui ouvrent à la pensée moderne une carrière si vaste ne fait attention à elle, ni Bacon, ni Descartes, ni Spinoza, ni Malebranche, ni Leibniz.
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