Ernest Seillièrev

Résumé

Ernest Seillièrev Revue des Deux Mondes

Cette maternité, de conception si haute, Mme Marholm la veut d’ailleurs par l’amour unique et par le mariage. C’est là le côté sain de son œuvre, la teinte générale qui en excuse les hardiesses et en fait accepter les couleurs osées.
Mariage très jeune, quand cela sera possible, à la mode de nos grand’mères. Car, au point de vue sentimental, l’éveil de la femme dans l’enfant est bien plus précoce qu’on ne le croit d’ordinaire. Trop souvent, les parens laissent passer sans y prendre garde, vers la dix-septième année, cette période d’éclosion si fugitive et si brillante chez la jeune fille.
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Ernest Seillièrev Revue des Deux Mondes

La femme n’a pas besoin de lire, mais de vivre, et elle doit tirer cette vie non de son intelligence, mais de son admirable sensibilité féminine. Il faut revenir à l’instinct. Une période de pensée est achevée après avoir duré quatre siècles. Une période de sentiment s’annonce, et avec elle le règne de la femme est venu. Son rôle n’est « rien de plus et rien de moins que la charge de construire les générations futures. » Qu’elle se montre fière de la mission dont Mme Marholm a donné cette belle formule, et tout lui sera accordé par surcroît.
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Ernest Seillièrev Revue des Deux Mondes

Comme une sûre oreille perçoit une fausse note unique dans le fracas d’un orchestre, l’instinct psychologique assuré peut discerner dans l’exécution poétique la plus achevée ce qui est sincère et ce qui est feint, deviner les passages où l’auteur éprouve une sensation brûlante, et ceux dans lesquels il simule la chaleur ; arracher à son tempérament réel le masque conscient ou inconscient dont il le couvre ; décider enfin : ceci est du métal pur, et voici, d’autre part, de médiocre alliage, au moyen duquel l’artiste se dupe lui-même et trompe ses auditeurs.
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