Résumé

Portrait de Gabriel Monod Gabriel Monod Portraits et Souvenirs

On peut lui dénier le génie dramatique, car il n’a pas la variété de ton qu’exige le théâtre, sa psychologie est superficielle, les sujets de ses drames sont plus étranges qu’émouvants ; ils sont tous le développement d’une antithèse morale péniblement construite, non de passions humaines vivantes et complexes. On peut lui préférer, dans la poésie lyrique, les poètes qui, comme Shelley, révèlent une âme d’une délicatesse, d’une profondeur et d’une sensibilité extraordinaires, et qui, par la magie des mots, nous donnent la subite intuition des mystères de la vie, de la nature et de l’infini
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Le merveilleux même n’en est pas absent. Enfin, dans la poésie de Hugo tout entière, le lyrisme affecte la forme épique, et il voyait si naturellement les hommes et les choses avec la simplicité et le grossissement épiques, qu’on peut dire de ses romans, depuis Notre-Dame de Paris jusqu’à Quatre-vingt-treize, qu’ils sont des épopées en prose. Ce génie épique est servi par l’imagination la plus forte, la plus colorée, la plus riche, la plus grandiose qui ait jamais été.
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La simplicité même des pensées de Victor Hugo, ce que ses détracteurs ont appelé sa banalité, le don merveilleux, qu’il a possédé presque seul de notre temps, de rendre, par l’éclat du style et de l’imagination, la nouveauté et l’originalité aux grands sentiments fondamentaux de l’humanité, ont fait pénétrer la poésie dans beaucoup d’âmes qui ne la goûtent pas d’ordinaire.
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