Résumé

J. Milsand Thomas Browne le médecin philosophe de Norwich

Avec cette profonde conscience des limites de son intelligence, — et elle n’abandonne pas Browne, — on sent comment les mystères sont en quelque sorte la preuve qui lui démontre la vérité du christianisme. Ses yeux comme son jugement n’aperçoivent partout que des mouvemens dont les ressorts lui échappent, et d’admirables accords où s’atteste une sagesse qui ne se laisse pas saisir. Pour lui, ce qui distingue la réalité, c’est d’être inexplicable, et il voit un mensonge dans toute philosophie qui prétendrait lui donner une explication de l’univers où il n’existerait plus ni ombre ni inconnu.
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J. Milsand Thomas Browne le médecin philosophe de Norwich

Cependant, comme chrétien, il n’a pour ainsi dire aucun sacrifice à imposer à sa raison : sa foi se borne à lui enseigner que dans ce monde tout est l’œuvre d’une providence et d’une toute-puissance que l’homme ne saurait concevoir. Sans viser à définir l’infini, elle lui donne pour tout ce qu’il voit d’impénétrable un nom qui signifie à la fois omnipotence, bonté suprême, intelligence sans bornes. Aussi le Dieu chrétien est-il pour sa raison même le mot authentique de l’énigme. Dans la retraite et la solitude de son imagination, il n’oublie pas de penser à lui et de contempler ses attributs.
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J. Milsand Thomas Browne le médecin philosophe de Norwich

On serait tenté de croire que s’il n’a point l’énergie qui mène aux victoires, c’est à force de bienveillance et d’intelligence, à force d’être au-dessus de la haine, de l’amour-propre et de l’esprit de contradiction. On serait tenté de se dire que si les choses du dehors n’existent pas assez pour lui, c’est uniquement parce que sa pensée et son imagination ont acquis trop de développement, parce qu’il est devenu un être surhumain qui ne peut plus vivre, aimer ou vouloir que par l’esprit.
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