Jacques Boucher de Perthes

Jacques Boucher de Perthes

Résumé

Portrait de Jacques Boucher de Perthes Jacques Boucher de Perthes Emma, ou Quelques lettres de femmes… (1852)

Enfant, tous mes sentiments étaient des passions, mais j'avais une mère pour me guider. A présent , elle est loin de moi , et je n'ai plus que mon coeur. Je fais ce qu'il me dicte; il me conduit peut-être vers un abîme. Hélas! je m'efforce de ne pas l'apercevoir , et pourtant je sais qu'il est là.
Il dépend de toi de m'y précipiter ; en te dévoilant le fond de mon caractère , je t'en ai donné le moyen. Mais pour prix de mon amour, de ma confiance, voudrais-tu me faire du mal? Si tu l'ordonnes, je suis à toi ; mais songe qu'éprouvant tout avec force, le remords ou ton inconstance me tuerait.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Boucher de Perthes Jacques Boucher de Perthes Emma, ou Quelques lettres de femmes… (1852)

Je ne m'appelle plus Emma ; mon nom, c'est le tien ; ma vie, c'est la tienne. Rien que la mort ne saurait nous séparer. Encore, nous séparerait-elle? Non, je ne le crois pas , je ne l'ai jamais cru ; et c'était pour que tu fusses à moi sans retour que je voulais mourir avec toi. À présent, je ne puis plus le vouloir : n'es-tu pas à moi devant Dieu? Si tu ne l'es pas encore devant les hommes, si notre mariage ne peut aujourd'hui être public, il le sera un jour.
D'ailleurs, que nous importe, si nous nous voyons à tous les instants. Moi, quand je te vois, je ne désire plus rien.
Source : Gallica

Portrait de Jacques Boucher de Perthes Jacques Boucher de Perthes Emma, ou Quelques lettres de femmes… (1852)

J'ai été frappée d'horreur en songeant qu'un tel malheur était possible, et que si j'étais mère, moi aussi, aimant mon enfant, je pourrais le tuer. Ah ! je ne veux jamais être mère !
Puis j'ai songé que j'aimais ailleurs, que j'aimais plus qu'une mère, et j'ai pesé le malheur de le perdre, lui mon amant, lui mon époux, lui ma vie, et l'effroi m'a saisie. Il s'est fait une révolution dans tout mon être. Mon coeur a battu avec violence, et mes yeux ont vu rouge comme dans ce jour où je me suis frappée.
Source : Gallica

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