Résumé

Joseph Drioux De la solidarité sociale

La solidarité est une loi, comme celle de la gravitation. Soit. Et j’ajoute : la gravitation produit des ruines, des cataclysmes. Mais la mécanique intervient et la science se sert de cette même loi de la gravitation pour établir ou rétablir un équilibre stable. De même on peut s’emparer de ces lois de la solidarité naturelle, dont les conséquences peuvent être injustes, pour réaliser la justice même... Mais en quoi cela est-il nouveau ? L’homme n’a-t-il pas toujours essayé de réaliser cet équilibre de justice ? N’est-ce pas l’éternelle histoire des progrès successifs de l’humanité ?
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Joseph Drioux De la solidarité sociale

Au demeurant, et pendant le court espace de temps que nos regards peuvent embrasser d’un seul coup, la vie de l’humanité n’est qu’un mélange ou plutôt une lutte entre ces deux forces primaires : l’une de conservation, l’autre de progrès. Tout réformateur, comme Socrate, sacrifie un coq à Esculape, c’est-à-dire demeure attaché par quelque côté aux opinions courantes que son influence transforme cependant. Il n’en est pas moins vrai que l’individu, après avoir reçu l’empreinte de son milieu, réagit sur lui comme un ferment plus ou moins énergique.
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Joseph Drioux De la solidarité sociale

« La justice, a-t-on dit encore, s’apprend et s’oublie comme la géométrie. » N’est-ce rien d’en cultiver et d’en répandre l’idée, d’habituer les esprits à la recevoir, les volontés à la désirer ? L’idée, le vouloir, l’action diffèrent de degré plus que de nature. Ce sont trois anneaux de la même chaîne et l’on passe souvent insensiblement de l’un à l’autre : une manière de penser devient une manière d’agir.
Saluons donc comme une première et heureuse influence de cette doctrine de la solidarité le développement croissant des sociétés qui ont la mutualité ou la coopération pour base.
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