Jules de la Madeleine

Résumé

Jules de la Madeleine Revue des Deux Mondes

On ne se marie pas pour soi, mais pour les familles. À vingt ans, le cœur vous chante, la tête vous part, on est amoureux à périr. Eh bien ! après ? On souffre, on pleure pendant des mois, des années, puis avec le temps tout s’arrange au mieux. Croyez-vous qu’aujourd’hui je donnerais ma chère liberté pour les plus beaux yeux du monde ? Allons, montrez du courage, ma fille, je ne veux pas qu’on s’attriste ainsi. Je suis furieuse que toutes ces larmes coulent pour un Lucien.
Sabine voulut l’interrompre ; alors la tante s’emporta. — Eh ! si j’en veux parler, moi, de ce Lucien !
Source : Wikisource

Jules de la Madeleine Revue des Deux Mondes

Dans ce village de Seyanne, auprès de la Sendrique, dans la société de cette paysanne, il retrouvait tout à coup le ton juste, le ton de son âme. Quelle douceur alors, quel rafraîchissement d’esprit inexprimable ! Par sa mère, il rentrait dans l’unité, dans l’harmonie, dans la nature première ; il touchait à l’intimité des choses réelles, à la vie même, à la vraie vie. La Damiane était Là au foyer domestique, comme la vestale romaine sur les marches de l’autel, attentive et fidèle, veillant au feu sacré, et sans cesse d’une main pieuse elle ranimait cette pure lumière, la flamme de l’esprit.
Source : Wikisource

Jules de la Madeleine Revue des Deux Mondes

Deux grandes heures s’écoulèrent ainsi ; la mèche de la lampe était toute calcinée lorsque Mlle Blandine, épuisée par son long monologue, prit le parti de congédier sa nièce. — Allons, ma fille, endormons-nous ; tout ça s’arrangera, comme dit ton père. Bonsoir, Ninette, embrassez-moi, et allez vous coucher ; il doit se faire tard. Voilà des heures que nous sommes à caqueter comme des pies. Demain, c’est le grand jour des confitures ; il faut qu’à l’aube toute la maison soit sur pied : adieu, adieu. — Adieu, ma tante, dit Sabine.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature