Juliette Debry

Résumé

Juliette Debry L'oeuf de Pâques (1938)

Evidemment, il y avait Polyte... Il fallait renoncer à « vivre sa vie ». Tout cela, c'étaient des bêtises. La vie, ce n'était pas de s'amuser à tort et à travers. C'était aimer et rendre heureux un être qui vous aimait...
Philippe replaça la petite bague dans la ouate et, avec des précautions infinies, il ferma l'œuf. On aurait dit que son bonheur y était enfermé et qu'il avait peur de le voir s'envoler...
Il remonta l'escalier. Comme le jour où il avait rencontré Polyte, il sentait l'œuf dans sa poche et se disait :
— Pourvu que je trouve Rosine chez elle...
Source : Gallica

Juliette Debry L'oeuf de Pâques (1938)

Vraiment, à cette minute, Philippe vit le Printemps en personne : c'était une fille de vingt ans, châtaine, avec de beaux yeux bruns, une peau de lait. Il se souvenait de sa petite robe de jersey, garnie de galons. Et ce parfum qui le hantait, il l'avait respiré, penché sur des cheveux qui bouclaient...
C'était abominable, ce qu'il avait fait là. Il avait agi comme un chasseur qui poursuit une frêle petite proie : Rosine, petite Rosine...
Des cloches sonnaient dans le soir : Pâques ! C'était Pâques ! Il marcha le long de la berge : — « Comme la Seine est haute! » pensa-t-il.
Source : Gallica

Juliette Debry L'oeuf de Pâques (1938)

Et un des sujets de la mésentente, c'était justement que Mme Arnold eût plutôt souhaité pour bru une de celles que Philippe dédaignait : soit la sérieuse Anne-Marie Jauzé, employée chez un mandataire aux Halles, soit Rosine Vitalon, une couturière en chambre qui travaillait pour la Samaritaine et qui était bien la plus charmante et la plus honnête petite fille qu'on put rêver. La pauvre enfant était follement amoureuse du beau Philippe, cela se voyait sans qu'on eût besoin de mettre des lunettes et elle souffrait comme une martyre depuis qu'il tournait autour de la fière Edith.
Source : Gallica

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