Résumé

Lettre au roi sur la représentation nationale (1814)

N'est-ce pas un grand soulagement pour le Souverain, que le privilège de ne plus entendre maudire ses droits, que de ne plus se voir personnellement en butte à la malveillance d'ennemis secrets ou à l'ignorance de peuples qui se croient opprimés ?
Il est vrai que l'opposition est plus entière, plus invincible dans un Gouvernement représentatif; mais quel est l'avantage réel qu'un Roi retire du pouvoir , d'agir en contradiction avec l'intérêt de ses peuples? Est-ce abandonner un droit positif que de s'interdire la puissance d'agir au détriment de ses sujets?
Source : Gallica

Lettre au roi sur la représentation nationale (1814)

L'éclat du pouvoir éblouira moins des yeux calculateurs, et les moyens de vénalité n'auront plus qu'une influence secondaire. — Si un monarque voulait se jouer des hommes, les asservir à son gré, disposer selon son plaisir de la vie ou de la fortune de ses sujets, une fausse représentation nationale serait sans doute le plus ferme soutien de ses passions : tant qu'il aurait de l'argent à répandre , ou tant qu'il se ferait craindre, les ressources de l'Etat seraient à sa disposition ; ses fantaisies seraient des lois réelles, et les maux de la France s'appelleraient encore de la gloire.
Source : Gallica

Lettre au roi sur la représentation nationale (1814)

Sous un gouvernement despotique la probité personnelle du Souverain se répand sur toutes les classes par la crainte, l'imitation ou l'obéissance; mais dans les gouvernements demi-populaires , la foi publique dérive en majeure partie de la représentation nationale. C'est donc chez elle sur-tout que l'on doit exiger des vertus afin qu'elles se propagent par l'exemple de cette portion choisie de la nation. — Mais comment reconnaître ces vertus qui devraient réunir tous les suffrages ? Le peuple est-il en état de distinguer les hommes de leurs discours ?
Source : Gallica

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