Résumé

Portrait de Louis Blanc Louis Blanc Quelques vérités économiques

Est-il surprenant que la haine du travail trouve place au milieu de ce déclassement universel des aptitudes et dans ce perpétuel étouffement des tendances naturelles ? Qu’on préfère le repos à un travail auquel on ne se sent point propre, vers lequel on n’est point porté, qu’on n’accepte que comme une dure loi de la misère et dont les fatigues sont sans compensation suffisante : quoi de plus simple ? Pour les nègres, à qui la servitude a inspiré l’horreur du travail, le repos absolu, c’est l’idéal de la liberté, et l’on conçoit du reste que la paresse soit fille de l’esclavage.
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La première objection qui se présente aux esprits inattentifs, est l’impossibilité apparente de fixer la mesure d’un besoin. Objection étrangement futile ! La mesure d’un besoin est dans son degré d’intensité. Est-ce que nous ne cessons pas de manger, quand nous n’avons plus faim ; de boire, quand nous n’avons plus soif ; de marcher, quand nous sommes fatigués ; de lire ou de jouer, quand nous n’éprouvons plus le besoin de le faire ? il n’est pas jusqu’aux besoins morbides qui n’aient leur limite naturelle et infranchissable.
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Sont-ils libres d’entrer dans la carrière de la magistrature, de s’appliquer aux lettres, d’aspirer aux grasses fonctions de la finance, en un mot de disposer de leurs facultés comme ils l’entendent et de choisir leur profession, ces pauvres enfants qui, forcés d’ajouter au salaire paternel le fruit d’un travail horriblement précoce, sont envoyés, dès l’âge de sept ans, dans une manufacture où la flamme de leur intelligence s’éteint, où la santé de leur âme se perd, où toutes leurs facultés s’épuisent à surveiller une roue qui tourne.
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