Résumé

M*** Avons-nous besoin de religion… (1879)

Si mon coeur, fatigué du rêve qui l'obsède, A la réalité revient pour s'assouvir, Au fond des vains plaisirs que j'appelle à mon aide, Je trouve un tel dégoût, que je me sens mourir. Aux jours mêmes où parfois la pensée est impie, Où l'on voudrait nier pour cesser de douter, Quand je posséderais tout ce qu'en cette vie, Dans ses vastes désirs, l'homme peut convoiter : Donnez-moi le pouvoir, la santé, la richesse, L'amour même, l'amour, le seul bien d'ici-bas !
Source : Gallica

M*** Avons-nous besoin de religion… (1879)

L'opinion publique exige presque toujours que les vertus soient accompagnées des talents et de la science, et c'est ainsi qu'elle devient le mobile et le germe des grandes choses. La morale religieuse, au contraire, n'impose jamais de conditions, elle rend la vertu commune, elle répand les plus grandes faveurs sur ceux qui méprisent la louange, et ses récompenses appartiennent également aux habiles, aux humbles d'esprit, comme aux génies élevés ; et c'est en animant également tous les hommes, et en excitant un mouvement universel, qu'elle concourt efficacement au maintien de l'ordre civil.
Source : Gallica

M*** Avons-nous besoin de religion… (1879)

On s'efforcerait en vain de prouver que ces lois sont nécessaires pour exciter au travail, encourager l'industrie, prévenir le désordre et opposer des obstacles aux actes arbitraires de l'autorité ; toutes ces considérations suffisent pour le philosophe, elles suffisent pour fixer l'opinion et la volonté du législateur ; mais elles ne suffisent pas pour l'homme ordinaire condamné au travail et jeté sur la terre sans biens, sans ressources et sans espérances: il ne rendra jamais un hommage libre à la beauté d'un ensemble dans lequel il n'y a pour lui que laideur, abjection et mépris.
Source : Gallica

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