M. Lewandowski

Résumé

M. Lewandowski Revue des Deux Mondes

Devant l’extrême gravité de cette situation et la menace de nouvelles violations de la propriété privée, toute résistance devient vaine. Force est donc qu’une entente s’établisse entre les communes et les banques de Lille, Roubaix, Tourcoing, Douai, Valenciennes et Cambrai, pour arriver à des combinaisons d’emprunt qui permettraient aux communes de se libérer du poids de leur contribution, et d’arrêter les mesures de coercition, dont la plus redoutable était l’ouverture des coffres-forts des banques et des particuliers, entraînant la paralysie générale des affaires.
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Du fait de son bombardement et de l’explosion de la poudrière, la Ville a subi des dégâts considérables, s’élevant à plusieurs centaines de millions. Elle a été vidée par les réquisitions de presque tout ce qu’elle contenait : aucune industrie, aucun commerce ne s’y exerce plus. L’entretien des quatre cinquièmes de la population est à la charge de la municipalité, qui n’a aucun moyen d’action pour assurer le ravitaillement, en dehors du bon plaisir de l’autorité allemande. Or, après vingt mois d’occupation, les contributions prélevées dépassent cinq fois le budget municipal.
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Trois mois après, c’est une nouvelle somme de 33 millions qui est requise, dans les mêmes conditions, pour couvrir les frais d’entretien de l’armée et de l’administration du territoire occupé, cette somme payable dans un délai de deux mois, avec amende de dix pour cent pour chaque jour de retard.
C’est le coup de grâce. A la date du 13 juillet 1917, le maire expose au Conseil municipal cette situation, en faisant ressortir que la Ville est sous la menace de nouvelles mesures de rigueur atteignant la santé publique, les biens des particuliers, leur liberté et leur existence même.
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