Résumé

O. Baratieri Revue des Deux Mondes

Prenons bien garde que dans un conflit, quel qu’il soit, avec l’Abyssinie, et sur n’importe laquelle de ses frontières, même la plus éloignée, l’occupation du Harrar, n’y employât-on que des forces médiocres, constituerait une puissante diversion et suffirait à paralyser, par un simple effet moral, une partie des forces ennemies : parce que, du Harrar, des routes qui n’offrent pas de grandes difficultés permettraient de menacer directement le Choa et de prendre à revers la concentration des forces abyssines, principalement sur les frontières occidentale et septentrionale.
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O. Baratieri Revue des Deux Mondes

Aussi comprend-on que l’Angleterre fût résolue à tout, même à une guerre terrible, et que cette guerre fût populaire au-delà de la Manche, indépendamment de toute considération de droit, et plutôt que de consentir au double dommage matériel et moral dont il y allait pour elle. Le droit, en Afrique, est très élastique, parce qu’il y manque le fondement de tout droit : tout y dépend de la force, des convenances, des accords réciproques des États européens, au fur et à mesure que s’étendent les conquêtes effectives, ou selon que le commandent les nécessités du moment.
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O. Baratieri Revue des Deux Mondes

L’Abyssinie domine comme une immense forteresse naturelle le bassin supérieur du Nil et les bassins de l’Ouébi et du Ganana ; elle constitue une base d’opérations sûre et un sûr refuge pour toute razzia ; et, d’autre part, les habitudes ont leur origine dans le caractère belliqueux, mobile, agressif du peuple ; dans les besoins qu’il s’est créés et qu’il a consacrés par sa législation et par ses croyances ; dans l’existence errante et batailleuse que lui ont faite tant d’insurrections et de luttes intestines
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