Résumé

Albert Hans Revue des Deux Mondes

Bien d’autres enseignemens sont à tirer de la guerre d’Abyssinie. Hier, en 1891, dans l’Extrême-Orient, nous avons vu les Japonais se révéler comme une puissance militaire de premier rang, avec laquelle l’Europe devra dorénavant compter. Aujourd’hui, beaucoup plus près de nous, dans l’Avant-Orient, nous Aboyons les Abyssins apparaître comme un peuple doué de vertus guerrières surprenantes et capable au besoin de vaincre, en bataille rangée, l’envahisseur européen. Même les succès militaires des Abyssins ont un caractère particulier que n’ont pas eu ceux des Japonais.
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Mais, en pays ennemi, les soldats établissent eux-mêmes la route sous l’œil du négus, et la marche est lente. On s’arrête des heures aux passages difficiles. Chacun aide à frayer le chemin en taillant dans les arbres à coups de hache ou de sabre. S’il s’agit de combler un ravin ou un torrent, l’empereur donne à tous l’exemple du travail en apportant une pierre ou une fascine. Chacun, ras, chefs, courtisans, fonctionnaires, soldats, serviteurs et esclaves, apporte, qui sa pierre, qui sa branche d’arbre, qui des bottes d’herbe ou des mottes de terre.
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Devant lui, défilent : la cavalerie, au galop, et l’infanterie, au pas de course. Les ras sont en tête de leurs bandes. Tous brandissent leurs armes avec des gestes farouches et poussent des clameurs frénétiques qui surchauffent l’enthousiasme guerrier.
Les Abyssins ont leurs grandes manœuvres. En voici un exemple. En l’absence de Ménélik, son oncle, le ras Darghé, lieutenant de l’empire, pour célébrer une victoire de son neveu, décide qu’un simulacre de combat aura lieu aux environs d’Addis-Ababa.
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