Résumé

Séraphin Dans l'Ethiopie en feu : mes sept mois de captivité… (1938)

Il faut camper à la belle étoile. Or, l'endroit où nous sommes est un vrai marécage. Harassé de fatigue, broyé par la douleur, sur ce sol détrempé, j'étends le couvre-selle du mulet et m'y assois.
C'est tout ce qui nous reste de notre si belle et si prospère Mission de Gambo!
Dans ce dénûment absolu, me voyant, avec mes chrétiens, réduit à cette détresse extrême, sentant peser lourdement sur nous le poids de l'ironique regard de cette soldatesque diabolique, un grand cri s'élevait dans mon coeur : « Eli, Eli, làmma sabactani? »
Source : Gallica

Séraphin Dans l'Ethiopie en feu : mes sept mois de captivité… (1938)

Aroussis, mes frères, j'arrive du champ de bataille.
Croyez-moi : l'Abyssin, notre oppresseur, est complètement et définitivement battu; le Négus s'est enfui; les Frandjis sont entrés dans la Capitale et, désormais, sont maîtres du pays. Béni soit Dieu! Nous, Aroussis, comme au temps glorieux de nos ancêtres, à l'avenir, nous allons vivre indépendants. Comme nos aïeux, nous serons maîtres absolus de nos forêts et de nos pâturages.
Source : Gallica

Séraphin Dans l'Ethiopie en feu : mes sept mois de captivité… (1938)

Lorsqu'ils entrent dans la cour de la Mission, je dois faire un rempart de mon corps pour protéger mes Aroussis chrétiens qu'ils ne savent pas distinguer et qu'ils essaient de fusiller sous mes yeux.
Alors, un vrai combat s'engage dans la Mission. Dès que les Abyssins nous ont rejoints, les Aroussis de l'extérieur foncent à l'assaut et, par dessus nos haies, lancent une pluie de sagaies; de l'intérieur, les Abyssins ripostent avec leurs fusils. En un rien de temps, dedans, dehors, partout du sang, des blessés, des cadavres.
Source : Gallica

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