“ Les faits de guerre qui viennent de s’accomplir ont infailliblement accru la force morale et matérielle de l’armée italienne. Les Italiens comptent avoir cet hiver une armée de deux cent cinquante mille hommes pleine de solidité et d’ardeur. ”
Armée italienne
Définition et enjeux
Citations sur “armée italienne”
La prochaine Guerre ; par L. Seguin (1880)
“ Depuis vingt ans la société italienne a subi de profondes transformations dont le contre-coup s'est fait certainement sentir dans l'armée. L'Italien est assez intelligent pour devenir un excellent officier ; les armes savantes ont bonne réputation ; le corps des sous-officiers, pour lesquels existent de nombreuses écoles, est peut-être le meilleur de l'Europe. Quant aux soldats, ils sont très sobres et très bons marcheurs : sous le premier Empire, les contingents italiens ont honorablement figuré dans la grande armée, et l'Italie fut le berceau des légions romaines. ”
“ Après un moment de stupeur, devant une défaite inattendue et le recul général d’un front que l’on croyait ne devoir se déplacer que pour avancer, la grande majorité de la population réagit fortement. Sous l’émotion, l’anxiété qui subsistent à juste titre, le patriotisme et aussi l’amour-propre, ce grand ressort de l’armée italienne, font se raidir les énergies et se tendre les volontés. La prompte, quasi immédiate, arrivée des renforts alliés contribue puissamment à rendre possible cette salutaire réaction. ”
Charles de Mazade,
La guerre d’Italie en 1866, la bataille de Custoza
“ Même dans le cas d’un premier succès qui aurait eu, il est vrai, une grande valeur morale, l’armée italienne se trouvait encore devant la seconde ligne de l’Adige et le puissant boulevard de Vérone, ayant à garder ses communications, à faire face aux retours que les places de Peschiera et de Mantoue permettaient à l’armée autrichienne sur la rive droite du Mincio. ”
Charles de Mazade,
L’Épreuve de l’unité italienne à la veille de la guerre
“ L’Italie a pensé, quant à elle, que les obligations grandissaient avec la fortune, qu’un peuple de 22 millions d’âmes qui avait encore des revendications nationales à exercer se devait à lui-même d’être le premier gardien de son indépendance et de ne pas tout attendre d’un secours étranger. Pour l’Italie, l’armée d’ailleurs n’était pas seulement une force matérielle : aucun pouvoir moins que le gouvernement italien ne s’est servi de la force militaire comme moyen de répression intérieure, sauf dans les provinces infestées par le brigandage. ”
Just-Jean-Étienne Roy, Histoire de la guerre d'Italie en 1859… (1859)
“ Chacun remarqua que l'Empereur avait cédé la place d'honneur au roi Victor-Emmanuel, et l'on comprit toute la délicatesse de cette conduite. La France a donné ses soldats à l'Italie pour l'aider à recouvrer sa liberté ; elle a prêté l'appui de ses armes à un peuple que ses ennemis opprimaient; la place de son chef était donc seulement auprès du souverain que le courage de notre armée fait entrer en maître dans une ville où les derniers Autrichiens qui s'y trouvent encore ne sont plus que des prisonniers. ”
Fortification et défense de la frontière franco-italienne… (1888)
“ En Italie, aussi bien qu'en France, l'armée est la grande école de l'honneur où s'apprennent le dévouement au pays, le sacrifice de la vie individuelle, en même temps que l'art de vaincre les périls extérieurs et de satisfaire les aspirations nationales. ”
Émile de Girardin,
La Voix dans le désert. Questions de l'année 1868
(1870)
“ Quant aux opérations analogues des forces italiennes, on ne s'occuperait pas à faire le siége du quadrilatère, on préférerait de le traverser ou de le tourner pour battre l'armée en rase campagne. Il y a peu de doute que; vu surtout les proportions numériques, l'armée italienne va se trouver en peu de temps en possession du pays vénitien, Venise, Vérone et Mantoue exceptées, et dont les garnisons, il est vrai, devraient être paralysées par des corps d'observation d'une force considérable. ”
Commandant G. de L., Revue des Deux Mondes
“ Grâce à ces dispositions, l’armée italienne pourra, au 1er janvier 1899, avoir sur ses contrôles un nombre d’hommes instruits suffisant pour constituer ses différentes unités sur le pied de guerre, sans qu’il soit nécessaire, comme on le faisait précédemment, de prendre pour ces formations des hommes de deuxième et troisième catégories, ayant pour la plupart peu ou point d’instruction et par suite d’une valeur militaire fort douteuse. Les ressources dont disposera alors l’armée italienne s’élèveront à : 1 473 000 hommes instruits, 727 000 hommes non instruits. ”
Charles de Mazade,
La guerre d’Italie en 1866, la bataille de Custoza
“ L’armée italienne pouvait s’élever à 450,000 hommes ; mais en tenant compte de tout, — nécessités intérieures, dépôts, corps en formation, etc., l’armée, la véritable armée d’opération, réduite à ce qui pouvait être immédiatement conduit au feu, comptait 225,000 hommes, distribués en vingt et une divisions de guerre, formant elles-mêmes quatre corps d’armée. ”
L'expédition de Charles VIII en Italie… (1888)
“ Il ne se faisait pas d'illusions sur la valeur des soldats italiens; lors de la coalition contre Charles VIII, il disait à l'ambassadeur vénitien que, dans l'armée qu'on allait former, « il serait nécessaire de mettre quelque bon chef allemand et aussi de l'infanterie allemande, qui, à cause de la lâcheté (viltà) de l'infanterie italienne, sera beaucoup plus efficace contre les Français ». ”
Louis Van De Velde, Précis historique et critique de la Campagne d'Italie en 1859 (1860)
“ Ce qui revient à dire que les meilleures combinaisons stratégiques peuvent échouer quand, le jour de bataille, on fait choix d'une position vicieuse, ou que la tête fait défaut pour conduire les troupes au combat. L'évacuation des Duchés et des Légations fut suivie de l'insurrection générale de tout le centre de l'Italie; une grande partie des villes de la Romagne se prononcèrent même en faveur de la cause nationale, et le premier avantage que les souverains alliés se promirent de cette insurrection, fut la création d'une armée nationale italienne. ”
Charles de Mazade,
L’Épreuve de l’unité italienne à la veille de la guerre
“ Dans les premiers temps surtout, le gouvernement envoyait les Lombards ou les Piémontais à Naples, les Napolitains dans le nord. Ajoutez à cela la création d’une flotte réunissant les marins de toutes les côtes de la péninsule et allant porter pour la première fois sur les mers le drapeau italien. On ne fait pas de telles choses pour rien. En réalité, l’Italie a dépensé jusqu’en 1865 à peu près 1 milliard 200 millions pour son armée, pour son organisation militaire, plus de 300 millions pour sa marine. ”
Just-Jean-Étienne Roy, Histoire de la guerre d'Italie en 1859… (1859)
“ En évaluant en moyenne chaque division de 7 à 8,000 hommes, ce serait environ 50,000 hommes qui auraient donné. Les quatre corps autrichiens qui ont combattu ne sauraient être évalués à moins de 115 à 120,000 hommes. L'armée française donna la journée du 5 au repos et à la réorganisation si nécessaires à plusieurs divisions ; elle attendait d'ailleurs ce que ferait l'ennemi, qu'on supposait vouloir tenter une seconde bataille, et qui, par sa position sur notre droite, ne nous permettait pas de marcher sur Milan avant de l'avoir forcé à se retirer. ”
Just-Jean-Étienne Roy, Histoire de la guerre d'Italie en 1859… (1859)
“ Pour beaucoup, si la guerre n'est pas la vertu, elle la prépare. « Je suis ici avec le père Parabère, enchanté de ses procédés. » Deux jours après le départ de l'Empereur, l'armée commença, le 16 juillet, à sortir de ses cantonnements pour opérer son mouvement de retour. La garde impériale fut dirigée sur Milan. Le 1er corps la suivit à quelques jours d'intervalle. Les autres corps furent envoyés dans diverses directions. 50,000 hommes restèrent en Italie, sous les ordres du maréchal Vaillant, pour former une armée dite d'occupation. Le reste rentra en France. ”
Albert Pingaud, L'Italie depuis 1870 (1918)
“ Si l'on s'en tenait à ces données, l'armée italienne ne paraîtrait différente des autres que par ses effectifs; ce qui la caractérise, c'est son rôle politique, son moral et son esprit. Elle a représenté d'abord, par le seul fait qu'elle était une au milieu d'un pays composite, le véritable creuset où sont venus se pénétrer et se fondre tous les éléments particularistes, la seule institution dans laquelle les paysans des diverses régions italiennes eussent l'occasion de se connaître et de 276 L'ITALIE prendre conscience d'appartenir à une grande nation ”
Just-Jean-Étienne Roy, Histoire de la guerre d'Italie en 1859… (1859)
“ Elle ne se laissa entraîner à aucune manifestation violeote, et se borna, aussitôt les Autrichiens sortis, à prendre les mesures nécessaires pour prévenir leur retour. La garnison et l'armée ne pouvaient rester dans Milan avec les alliés victorieux aux portes de la ville et la population disposée à se soulever; la retraite sur l'Adda fut ordonnée, et commença aussitôt. A mesure qu'un corps arrivait, on le faisait reposer quelques instants, prendre des vivres, et les employés accou- raient se joindre aux troupes. ”
Émile de La Bédollière,
Histoire de la guerre d'Italie
(1859)
“ L'aspect de ces troupes est très-imposant; ce sont généralement de beaux hommes, forts et d'une tournure otartiale; ils semblent attendre avec impatience le moment d'en venir, aux mains avec leur mortel ennemi. » L'arrivée de l'armée française est venue encore ajouter à leur enthousiasme, au sentiment de leur force , et surtout à l'évidence de leur bon droit. « La nationalité italienne, me - disait un officier de la » brigade de Savoie, renaîtra des cendres de Novare. ”
Just-Jean-Étienne Roy, Histoire de la guerre d'Italie en 1859… (1859)
“ « Je compte sur vous : courage donc, braves soldats « de l'armée d'Italie ! Du haut du ciel, vos pères vous « contemplent avec orgueil F « Fait au quartier général de Milan, le 8 juin 1859. « NAPOLÉON. » Dans sa proclamation à l'armée, l'Empereur, après avoir rappelé à ses soldats ce qu'ils avaient fait depuis dix jours, ajoutait : « Mais tout n'est pas terminé ; nous « aurons encore des luttes à soutenir, des obstacles à « vaincre; » ”
“ Depuis cette époque déjà lointaine, l’Italie a constitué son armée et sa flotte de guerre ; se sent-elle rassurée et dans le présent et dans l’avenir ? Question délicate, mais qu’il faut cependant aborder de front, sans crainte de blesser de légitimes susceptibilités. La vérité est le premier besoin des peuples comme des hommes réellement supérieurs, c’est-à-dire sachant ce qu’ils veulent et voulant ce qu’ils veulent. L’Italie a voulu une armée et une flotte de guerre ; elle les a voulues, elle les veut, contre la France. ”
Vice-amiral Touchard, Revue des Deux Mondes
“ Si à une autre époque, dont elle a le droit de s’enorgueillir, l’Italie a brillé d’un éclat incomparable dans les arts et dans les sciences, elle a produit aussi des grands capitaines et des hommes de mer illustres. Pourquoi, dans cette nouvelle phase de renaissance dont elle donne le spectacle au monde, n’en produirait-elle pas encore? N’a-t-elle pas déjà témoigné de ses aptitudes militaires en faisant sortir de son sein une armée, une flotte, une organisation défensive? Et toutes les ressources que comporte cette création, elle les a trouvées en elle-même. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 août 1865
“ Nous espérons que l’esprit politique ne les abandonnera point en cette circonstance. C’est un des plus difficiles problèmes politiques des temps modernes que de faire vivre des institutions libres avec de grandes armées permanentes. Pour réussir dans cette conciliation de l’esprit militaire et de la liberté, il faut une adresse et un bonheur que la France elle-même n’a pas toujours possédés. L’Italie a besoin d’avoir une armée, et il n’y a pas d’armée sans esprit militaire. L’armée est la condition de l’indépendance future de l’Italie. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 mai 1859
“ En Italie par exemple, il est évident qu’un des principaux intérêts de la guerre, c’est que le plus tôt possible on voie se lever pour l’indépendance les populations unanimes, c’est qu’une force militaire italienne considérable se recrute, s’organise et s’éprouve dans les combats. ”
E Moreau, Histoire des guerres d'Italie sous la République… (1859)
“ Aucun des moyens qu'un général expérimenté peut mettre en usage pour épargner les hommes ne pouvait, pour ainsi dire, être employé. La disproportion des forces de l'ennemi obligeait l'armée d'Italie à une si stricte défensive, qu'il n'était pas possible au vice-roi de tenter une de ces entreprises hardies et bien combinées qui, par leur audace et leur succès, augmentent dans l'âme des soldats le sentiment de leurs propres forces. ”
Christine Trivulce de Belgiojoso, Revue des Deux Mondes
“ La population milanaise s’était préparée également à saluer notre arrivée par des témoignages de sympathie auxquels le gouvernement provisoire jugea prudent de s’associer. Mes deux cents volontaires étaient, après les soldats piémontais, les premiers Italiens venus en Lombardie pour prendre part à ce que l’on appelait alors la croisade et la guerre sainte. La présence à Milan du premier corps de volontaires napolitains semblait garantir que la guerre contre l’Autriche allait devenir une guerre italienne, au lieu d’être une guerre lombardo-piémontaise. ”
Edmond Chevrier, Le Général Joubert, étude sur sa vie… (1860)
“ Nommé général en chef de l'armée d'Italie, il montre à tous que ce n'est pas seulement sur le champ de bataille qu'il est bon général. La rapidité et le succès avec lesquels il réorganise et administre une grande armée, sans dilapidation comme ses prédécesseurs, révèlent à tous qu'il n'est au-dessous d'aucune position, quelque haute qu'elle soit. Il dispose si bien ses 70,000 hommes en présence d'une armée double d'Autrichiens, en conservant toute la liberté de ses mouvements, qu'il anéantit la monarchie militaire du Piémont par une simple démonstration sans effusion de sang. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 décembre 1888
“ Le ministère a récemment demandé au parlement des crédits d’une certaine importance, près de 150 millions, pour de nouveaux armemens, pour l’adaptation de ses chemins de fer à des nécessités stratégiques, bref pour une foule de choses destinées à accroître ses moyens militaires. Les raisons sont toutes trouvées : l’Italie est obligée de suivre le mouvement universel en Europe ! Il faut qu’elle soit toujours prête comme les autres, armée sur terre et sur mer pour sauvegarder son prestige et sa position de grande puissance, pour avoir même au besoin sa politique coloniale ! ”
Précis historique et anecdotique de la guerre d'Italie en 1859… (1860)
“ Voici le relevé des troupes qui ont été réunies au camp pour la cérémonie du 14: La garde impériale tout entière, infanterie, cavalerie, artillerie, génie et train, et à l'exception des régiments de la garde et des tirailleurs algériens, qui sont au grand complet, tous les autres régiments composant les divisions des différents corps d'armée ont seulement deux bataillons, les troisièmes bataillons sont encore en Italie. Après la conclusion de la paix, l'Empereur Napoléon et le roi Victor Emmanuel se dirigèrent vers Milan et furent accueillis dans cette ville avec le plus grand enthousiasme. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 mars 1860
“ Pour la première fois les Italiens vont être en mesure de constituer et de défendre leur indépendance. Ils perdront peu, à notre avis ils doivent plutôt gagner à la retraite de l’armée française. S’ils ont un vrai patriotisme et un véritable esprit politique, ils vont le montrer au monde. Désormais ils pourront se passer du secours de l’étranger : derrière les cinquante mille Français qui sont restés en Italie, ils pouvaient se laisser aller à des agressions verbales contre l’Autriche et s’amuser du rêve d’attirer et de compromettre la France dans une nouvelle guerre. ”
François Joseph Emmanuel de Guignard de Saint Priest, La guerre d'Italie : campagne de 1859 (1882)
“ Il faut bien vous pénétrer de l'état des choses, disait l'empereur au maréchal Randon. Nous avons réuni en Italie une armée de 120,000 hommes avant d'y avoir réuni des approvisionnements : c'est le contraire de ce que l'on fait ordinairement. Si l'on ne fait pas des efforts héroïques pour créer une réserve de biscuit et de fourrage, qu'on ne peut former ici, où les administrations n'aboutissent qu'à peine à faire vivre l'armée au jour le jour, je me trouverai dans de grandes difficultés, et je ne pourrai pas me porter en avant dans un pays dévasté par l'ennemi. ”
Camille Rousset, Revue des Deux Mondes
“ Quant à moi, je n’ai aucun reproche à me faire; j’en atteste l’armée qu’on peut interroger. Il est une chose essentielle que je dois mettre sous les yeux du Directoire, ce sont les différentes dénominations et dispositions d’esprit des armées; on s’est aperçu que l’esprit de l’armée d’Italie dominait sur le nôtre, même parmi les généraux; j’avais sous mes ordres Victor et Montrichard. Empressez-vous, citoyen ministre, de faire supprimer l’armée de Naples pour la réunir à l’armée d’Italie. ”
