Commandant G. de L.

Résumé

Commandant G. de L. Revue des Deux Mondes

Le service actuel est trop court pour faire un vieux soldat ; il est trop long pour permettre à l’homme de garder le souvenir de son ‘clocher natal et lui laisser l’envie d’y retourner. Les charges qu’il impose sont évidemment très lourdes : trois ans de service complets à tout le monde, au moment où l’on entre véritablement dans la vie et où l’on commence sa carrière, c’est une gêne évidente, un dérangement absolu, non seulement des habitudes, mais aussi des aptitudes, qui laisse l’homme le mieux préparé au début, indécis et inerte au moment le plus critique de son existence.
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Commandant G. de L. Revue des Deux Mondes

Je considère le service militaire obligatoire, tel que nous l’avons conçu, tel que nous le pratiquons, comme le pire agent de déclassement social et de dissolution nationale, qui existe au monde. J’ai la conviction très réfléchie et très arrêtée que, si nous lui permettons de produire encore pendant vingt ans les ravages qu’il a déjà commencés, il n’y aura plus alors ni société, ni armée.
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Le rengagement n’a rien d’immoral, on a bien déjà des sous-officiers rengagés ; pourquoi n’aurait-on pas de simples soldats ? Le tout est de trouver des rengagés ; or, on en aura certainement et autant qu’on le voudra en les payant. La réduction des charges imposées au pays par le service militaire soulève une question d’ordre plus délicat et qui est de nature à donner lieu à de sérieuses controverses. Il doit rester entendu, en effet, qu’en temps de paix, comme en temps de guerre, tout citoyen français doit le service personnel à son pays.
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