Résumé

XXX Revue des Deux Mondes

Au-dessus de la foule, une élite étendait sans doute son irrédentisme aux peuplements italiens de la rive orientale de l’Adriatique ; entendait, en même temps que la voix du sang, celle des souvenirs historiques, qui lui parlaient de l’empire de Venise et même de l’Empire romain ; faisait enfin entrer en ligne de compte des considérations politiques, stratégiques et économiques. Mais c’était là un irrédentisme principalement intellectuel. Les noms de Fiume et de Dalmatie n’étaient évocateurs d’italianité et de domination ancienne qu’à l’esprit d’un petit nombre d’Italiens.
Source : Wikisource

XXX Revue des Deux Mondes

L’Italie aurait, par ses buts de guerre, mis obstacle à la paix séparée de l’Autriche-Hongrie. Elle serait, par cela même, devenue une sorte de poids mort pour ses alliés, qui se voyaient interdit de recevoir à résipiscence la monarchie des Habsbourg, fatiguée et désireuse de tirer son épingle du jeu.
Pour pouvoir raisonner de la sorte, il faudrait d’abord être sûr que le gouvernement de Vienne eût agi contre le gré et à l’insu de Berlin ; qu’il eût été résolu à séparer franchement sa cause de celle de l’Allemagne. Or, rien n’est moins certain.
Source : Wikisource

XXX Revue des Deux Mondes

Sur le terrain de la Convention de Londres, la parole donnée nous traçait notre devoir et traçait le même à l’Angleterre. En dehors de ce terrain, — et l’Italie avait pris l’initiative d’en sortir en demandant Fiume, — notre liberté d’action recouvrée ne nous dispensait pas de prudence. Nous avions fait nous-mêmes, aux vues de M. Wilson et de M. Lloyd George sur les questions qui nous touchaient le plus directement, d’importantes concessions, qui n’étaient déjà plus un mystère. Devions-nous et pouvions-nous être plus intransigeants en faveur d’autrui ?
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature