Pierre Alexeiévitch Kropotkine

Résumé

Pierre Alexeiévitch Kropotkine Fatalité de la Révolution

La raison est que l'homme est un être essentiellement sociable ; que sa vie se compose de fils innombrables qui se continuent visiblement et invisiblement dans la vie des autres ; que, enfin, il n'est pas un être entier, mais une partie intégrante de l'humanité. Il n'y a pas de ligne de démarcation entre un homme et l'autre, ni entre l'individu et la société : il n'y a pas de mien et tien moral, comme il n'y a pas de tien et mien économique.
Outre notre vie propre, nous vivons un peu de la vie des autres et de l'humanité.
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Pierre Alexeiévitch Kropotkine Fatalité de la Révolution

Croit-il davantage en eux qu'en ceux qui lui parlent de la révolution ? Il est probable que non, mais ils lui font espérer un changement sans qu'il ait à prendre part directement à la lutte. Cela lui suffit à l'heure actuelle. Il s'endort dans sa quiétude, attendant de les voir à l'œuvre, pour recommencer ses plaintes lorsqu'il verra éluder les promesses, s'éloigner l'heure de leur réalisation. Jusqu'au jour où, acculé à la faim, le dégoût et l'indignation étant à leur comble, on verra descendre dans la rue ceux qui, à l'heure actuelle, semblent les plus éloignés de se révolter.
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Pierre Alexeiévitch Kropotkine Fatalité de la Révolution

Ceux qui réduisent l'altruisme à un calcul ; l'abnégation, le sacrifice à une satisfaction ; l'amitié à un compte ouvert entre deux personnes ; enfin, tout ce qui relève l'homme au-dessus de son individualité en une misérable trouvaille de l'égoïsme lui-même, se donnent le change sur leurs vrais sentiments, et ils courent le risque de celui qui criait faussement au loup : ils insinuent peu à peu dans le coeur de l'homme le vrai égoïsme, car, se dit-on, puisque la solidarité ce n'est que de l'égoïsme entendu d'une certaine manière, pourquoi se donner la peine de se dévouer ?
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