“ Luigi Aniello était arrivé à Paris, à pied. La route avait été longue ; une marche pénible et accablée fort souvent depuis Naples. Mais la haine est un aiguillon puissant et c’est ce qui l’avait soutenu jusque-là. À Paris, il se trouva tout à fait dépaysé, sans le sou, sans amis. De là à s’enrôler avec les drôles composant la bande de Jolicœur, le pas fut franchi sans regrets, d’autant plus que l’aide de ces chevaliers de minuit, pourrait, un jour, servir à sa vengeance contre Tonty. ”
Régis Roy
Résumé
"La main de fer" de Régis Roy, publié en 1873, plonge le lecteur dans les conflits et les rivalités de la Nouvelle-France du XVIIe siècle. Ce roman historique, centré sur les personnages de Tonty, De la Salle et Jolicœur, mêle vengeance, aventure et tensions entre colons et autochtones.
Les thèmes de la survie, des orages et des luttes entre clans se déroulent autour de lieux emblématiques comme le fort Saint-Louis ou les rivières de l'Illinois. L'œuvre, riche en action, explore les nuances des relations humaines et les enjeux coloniaux, en s'appuyant sur des figures historiques et des récits de voyages. Son style dynamique et ses dialogues tendus en font un récit captivant.
Citations de La main de fer (Régis Roy)
“ Ils avancent toujours, l’oreille tendue, prête à épier le moindre son insolite. Soudain, une voix alarmée rompt le calme du paysage. Léon jette un retentissant : « Sauvez-vous ! » C’est tout ce qu’il peut articuler ; un haillon lui ferme la bouche. Mais ce signal suffit ; l’avant et l’arrière-garde s’arrêtent surprise. Émery et Frédéric subissant alors une inspiration simultanée, s’élancent chacun dans un arbre voisin, et prennent refuge parmi les branches basses, et là, guettent de nouveaux développements. Émery est à peine installé dans sa cachette aérienne, qu’il entend venir vers lui. ”
“ À qui sait attendre tout vient à point ! Et comme celui qui est aiguillonné par la haine ne vit que pour assouvir ce sentiment, la patience lui est souvent nécessaire. Jolicœur sut épier, attendre et saisir le moment propice pour le guet-apens médité. Croyant n’avoir plus rien à redouter de son ancien valet, De la Salle était un peu moins sur ses gardes. Une rencontre intempestive d’un ou deux coupe-jarrets existait bien, mais ces gens-là ne sont pas réellement braves, et il comptait pour s’en débarrasser sur sa bonne épée reposant toujours à l’aise, toujours dégagée dans son étroite gaine. ”
