Résumé

Portrait de Sophie Gay Sophie Gay Le Marquis de Pomenars

LE MARQUIS, gaiement. Bravo ! Saint-Clair : c’est plaider à merveille ; et ma cause ne pouvait tomber entre les mains d’un meilleur avocat.
FRANÇOIS. Quoi ! ce discours vous plaît ?
LE MARQUIS. On ne saurait davantage ; et je devine sans peine comment a répondu madame d’Angerval : n’est-ce pas en contrariant un caprice qu’on en fait une grande passion ? Ah ! je connais les femmes ; et celle-là a bien trop d’esprit vraiment pour se laisser conduire par les conseils d’un jaloux.
FRANÇOIS. Il est vrai qu’en faisant élever sa nièce à Paris, M. Méridec n’a pas perdu ses frais
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Portrait de Sophie Gay Sophie Gay Le Marquis de Pomenars

Mme D’ANGERVAL. On prétend qu’à lui seul il pervertirait un saint.
POMENARS, d’un air flatté. Vraiment ; je ne lui croyais pas tant de mérite.
Mme D’ANGERVAL. C’est un écervelé, qui se moque de tout.
POMENARS. Même de lui, je gage.
Mme D’ANGERVAL. Il faut que sa réputation d’insensé soit bien établie, puisque le marquis de Sévigné lui-même convient que son ami a bien la plus mauvaise tête...
POMENARS, à part. L’avis est charitable, et je m’en souviendrai.
Mme D’ANGERVAL. Mais c’est trop médire d’un homme malheureux, et ce moment le punit assez de ses fautes ; n’en parlons plus.
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POMENARS. Oui, je retouchais le costume de mon effigie ; car si peu de prétentions qu’on ait, encore faut-il se soigner davantage lorsqu’on doit paraître en public.
Mme DE SÉVIGNÉ, riant. Ah ! la bonne extravagance ; je vous promets d’en amuser ma fille, dès que je pourrai lui mander que nous n’avons plus rien à craindre pour une tête aussi folle ; car, en dépit de vous, nous la sauverons, j’espère.
POMENARS. Je vous la confie de tout mon cœur, mais je vous préviens que le comte de Créance en a bien envie.
Mme DE SÉVIGNÉ. Eh bien ! c’est un plaisir qu’il ne faut pas lui donner.
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