Yvan Goll,
Élégie de Lackawanna
(1973)
“ Ah pouvoir interroger les goélands Et dans leurs entrailles les signes enfermés et vivants Les herbes salées d'Ihpétonga Ne leur avez-vous jamais demandé de saigner ? Douloureuse roche qui de mille en mille années Peut-être change d'insectes et de dieux Selon les chairs qui rôtissent et les mandibules du désir Mais la mémoire est plus périssable qu'une entraille Seuls quelques noms submergent dont le fleuve ni le sable Ne se sont enorgueillis, mais l'indulgence du fleuve En devient plus subtile et la servitude du sable Nous rend plus nobles Vagues ourlées du Lackawanna ! ”
