Louis Bertrand

Louis Bertrand

Résumé

Portrait de Louis Bertrand Louis Bertrand,  Sur le Nil

“ Et c’est, tout de suite, la monotonie des cultures, et, bientôt, le désert. Une dernière rangée de palmiers se déploie sur une longue bande de terre noire, si étroite et si mince, qu’elle semble une baguette d’ébène appliquée sur la glace unie du fleuve.
L’eau du Nil est lustrée, sans une ride, comme une soie rose tramée d’argent. De chaque côté du bateau, un pli liquide se déroule, divergeant de plus en plus vers le large, et, dans cette féerie lumineuse de l’aurore, on dirait un manteau précieux qui traînerait à la proue d’une trirème parée en fête.
”
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Portrait de Louis Bertrand Louis Bertrand,  Sur le Nil

“ Le paysage s’efface de plus en plus. C’est une grande tache toute blanche enveloppée de fumées blondes, qui, par momens, s’échevèlent, bondissent, en dessinant, sur le ciel livide, des formes étranges qui fuient comme au galop et qui s’évanouissent dans la fournaise trouble de l’espace. On dirait que les chevaux pâles de l’Apocalypse sont lâchés dans le ciel.
Sans cesse, des traînées de poussière se soulèvent sur les deux rives du fleuve, elles courent, pareilles à des flammes sur le bord d’un mur incendié. Sous les coups furieux du vent, les berges s’effritent.
”
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Portrait de Louis Bertrand Louis Bertrand,  Sur le Nil

“ Simplifié par les brumes qui l’enveloppent, le paysage garde toujours sa nudité géométrique : trois zones superposées, l’eau, la terre, le ciel, séparées les unes des autres par deux lignes rigides qui courent à l’infini et qui se perdent dans les vapeurs de l’horizon. Les premiers plans ont une couleur cendreuse, qui, graduellement, se fonce jusqu’au violet sombre vers les fonds des montagnes encore invisibles. En ce moment, le Nil est immobile et lisse comme une eau morte. Le ciel d’argent s’arrondit comme une coupole solide. ”
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