L. Davésiés

Résumé

L. Davésiés Revue des Deux Mondes

La vallée du Nil se ressentait déjà de la décadence de l’Orient ; c’était à l’Europe de briller sur la scène humaine, et les grandes œuvres ne se produisaient plus que dans ce monde nouveau.
Les Romains rattachèrent aussi le Nil à l’Océan par un canal que Ptolémée attribue à Trajan, et Maqrizy à Adrien ; car il était dans la destinée de l’Égypte de devenir dans tous les temps l’appât de la conquête, de s’empreindre du cachet de chaque civilisation, et de voir s’agrandir autour d’elle le cercle de cette association humaine dont elle avait été le centre et l’origine.
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L. Davésiés Revue des Deux Mondes

Le temps est passé où les fellahs voyaient des nuées de voleurs fondre sur leurs moissons : grâce à Mohamed-Ali, la grande route et les chemins de traverse, c’est-à-dire le Nil et ses canaux, sont aussi sûrs aujourd’hui que les rues de nos villes. L’Égypte est peut-être la contrée où l’on voyage, non le plus rapidement, mais avec le moins de frais, de risques et d’entraves.
La kange, embarcation légère marchant à la voile et à l’aviron, est la voiture du pays. En Égypte, tous les gens aisés ont leur kange, comme à Venise leur gondole.
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Le culte de la matière était partout, avait tout envahi ; le culte de l’intelligence restait étroitement confiné dans le sanctuaire. Il était temps que l’enceinte sacrée s’écroulât, et que la science s’en échappant répandît enfin parmi le peuple d’Égypte et parmi les autres peuples l’initiation de ses mystères. Alors Dieu envoya Cambyse pour détruire la civilisation égyptienne, appareil social merveilleusement propre à assurer les premiers pas de l’humanité, mais trop inflexible pour se prêter désormais à son développement et à l’essor de ses forces croissantes.
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