Amédée Tissot

Élements biographiques

Amédée Tissot L'agonie de Luiz de Camoens (1867)

Pieusement enseveli par les soins dévoués de Barbara, le corps de Camoens fut inhumé dans l'église Santa-Anna, sans cortège, sans pompe, sans honneurs, comme le plus obscur et le plus pauvre des habitants de Lisbonne.
En s'éloignant du lieu de la sépulture où Dom José Indio avait conduit le grand poète, son vieil ami, le moine ne put retenir ce cri de profonde et légitime douleur qui retentit sous les voûtes de l'église : — Qu'y a-t-il de plus déplorable, dit-il, que de voir un si grand génie si mal récompensé?
Source : Gallica

Amédée Tissot L'agonie de Luiz de Camoens (1867)

Ne te laisse pas abattre par la douleur; tes souffrances ne tarderont pas à finir, mais jusque-là tu te dois à ton maître, plus malheureux que toi encore. — Allons, debout et à l'ouvrage !
En se parlant ainsi, Antonio s'était levé; il avait roulé sa natte et l'avait poussée avec précaution dans un des angles de la chambre.
Cette besogne terminée, il se redressa, regarda de nouveau l'alcôve, et poussant un profond soupir : — Pauvre cher maître ! murmura-t-il, il dort! — Oui, Dieu est bon, puisqu'il lui envoie le sommeil pour qu'il puisse oublier la réalité!
Source : Gallica

Amédée Tissot L'agonie de Luiz de Camoens (1867)

Associé à toutes les disgrâces, à toutes les infortunes de son nouveau maître, il l'était également à toutes les espérances, à tous les rêves de gloire du poète, et cette touchante association née sous l'influence du malheur,
entretenue et cimentée par les plus cruelles épreuves ne devait se rompre que par la mort. A cette heure, Antonio n'était déjà plus le serviteur de Camoens : il était devenu son ami. Auprès du grand poète, l'humble esclave avait grandi; il s'était transformé et le jour n'était pas loin où il allait devenir poète aussi : poète de cœur et d'action.
Source : Gallica

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