Joseph Bourrilly, La Reine de Saba (1934)
“ Ici, la Reine fit un pas vers le trône et d’une voix rassurée elle reprit : — En moi, je sens vivre le génie de ma contrée, qui germe et lève dans le coeur du plus humble de mes pêcheurs d’ablettes. Notre pays, — Dieu me pardonne cet orgueil, — est plein de richesses. Mais, enfermés comme nous sommes et loin de tout, nos montagnes d’or, nos forêts de thuya et de bois rares, nos collines embaumées d’encens, nos plaines qu’engraissent, cha-que année, les crues du grand fleuve, tout cela est à profusion et sans profit. Rien ne nous aiguillonne, rien ne nous donne d’ambition. ”
