Joseph Bourrilly

Élements biographiques

Joseph Bourrilly La Reine de Saba (1934)

Ici, la Reine fit un pas vers le trône et d’une voix rassurée elle reprit :
— En moi, je sens vivre le génie de ma contrée, qui germe et lève dans le coeur du plus humble de mes pêcheurs d’ablettes. Notre pays, — Dieu me pardonne cet orgueil, — est plein de richesses. Mais, enfermés comme nous sommes et loin de tout, nos montagnes d’or, nos forêts de thuya et de bois rares, nos collines embaumées d’encens, nos plaines qu’engraissent, cha-que année, les crues du grand fleuve, tout cela est à profusion et sans profit. Rien ne nous aiguillonne, rien ne nous donne d’ambition.
Source : Gallica

Joseph Bourrilly La Reine de Saba (1934)

Et cependant l’oeuvre noble entre toutes, l’oeuvre souve-raine, celle qui amène l’homme aux pieds du Très Haut Architecte, sera toujours l’oeuvre de sagesse. Elle fut de tout temps. Dieu la démaillota du magma informe, avant tout germe et toute vie. Et en soufflant l’esprit dans l’homme pétri d’argile, Dieu lui donna un reflet de cette connaissance. C’est elie qui veille à la porte des villes ; elle qui garde le seuil des maisons des hommes. Et tout être de chair qui la hante a découvert la vie et vient en grâce devant Dieu.
Source : Gallica

Joseph Bourrilly La Reine de Saba (1934)

L’homme seul fait son oeuvre en étourdi, grossièrement, courant au plus tôt fait, gas-pillant en misérables soucis tout le temps que Dieu lui donne de trop. Mais son châtiment, c’est que, dégoûté de tout, plus rien ne lui fait plaisir. L’outil le lasse, sitôt pris. Même vivre lui est à charge.
Maquedda se rappelait ces paroles, bourgeons d’idées en son esprit vivace, et elle prenait plaisir à contempler la ronde animée des moucherons dans les roseaux, leurs montées et leurs descentes en tourbil-lons éperdus
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature