Joseph Henri Marie de Prémare

Élements biographiques

Joseph Henri Marie de Prémare Lettre sur le monotheisme des Chinois

Le Ciel incompréhensible s’appelle esprit ; l’Esprit éternel et immuable s’appelle Ciel. Dire qu’on le croit parce qu’il est la vérité même, c’est dire que sa raison est très-solide et que sûrement il n’erre jamais. Dire qu’on le craint parce qu’il n’a aucun égard pour personne, c’est dire qu’il n’a point d’affection déréglée ; il est la justice même, et on ne se moque pas impunément de lui. Enfin dire qu’il est éternel, immuable, incompréhensible, c’est apporter la raison pourquoi il est tsoung ming [souverainement intelligent et pénétrant] .
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Joseph Henri Marie de Prémare Lettre sur le monotheisme des Chinois

Le Ciel est élevé au-dessus de tout ; il est simple, il est juste, il est esprit, il est intelligence ; sans avoir besoin de regarder, il voit tout ; non-seulement dans ce qui est public, comme l’administration de l’empire bonne et mauvaise, et ce qui rend le peuple heureux ou malheureux ; rien ne lui est caché. Mais même dans les réduits les plus obscurs et dans le plus secret des maisons, lorsqu’on croit n’être vu ni entendu de personne, le Ciel entend tout, voit tout ; il éclaire tout, il examine tout, sans que rien puisse lui échapper.
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Joseph Henri Marie de Prémare Lettre sur le monotheisme des Chinois

« C’est le cœur, disent-ils, qui gouverne en maître tout le corps de l’homme ; ce cœur, c’est l’esprit intelligent de l’homme ; la nature, c’est la raison que ce cœur connaît ; mais c’est le Ciel qui nous donne et ce cœur et cette nature. Conserver donc cette lumière céleste, sans jamais l’éteindre, c’est servir le Ciel et ne lui être jamais rebelle [12] . »
Tsee-sse [13] commence son Tchoung-young par ces mots : « L’ordre du Ciel, c’est ce qui s’appelle la Nature. »
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