Résumé

Portrait de Albert Réville Albert Réville Revue des Deux Mondes T.104, 1873

On peut l’être d’une façon qui ne permet pas de se rattacher à l’une quelconque des églises actuelles, et d’ailleurs il n’est pas d’idée plus fausse que celle qui identifie la notion de christianisme avec celle d’église. On peut être chrétien tout en pensant qu’il ne devrait y avoir aucun culte organisé. On peut l’être même sans le savoir, en s’imaginant qu’on ne l’est pas et en rappelant à ceux qui s’y connaissent mieux cette parole de Jésus, d’après laquelle on peut « parler contre le fils de l’homme, » et cependant ne pas s’opposer sciemment à l’esprit divin.
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Portrait de Albert Réville Albert Réville Revue des Deux Mondes T.104, 1873

Il est vrai que, s’il faut l’en croire, le matérialisme et l’idéalisme se livrent simplement une guerre de mots. Leur ambition commune, c’est d’expliquer l’univers au moyen d’un seul principe, et ils ont pour adversaire commun le dualisme philosophique et chrétien qui oppose l’âme au corps, le créateur à la création, l’esprit à la matière. La science moderne nous permet enfin de concevoir le développement successif des choses sans qu’on ait besoin de faire intervenir une seule fois la volonté créatrice.
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Portrait de Albert Réville Albert Réville Revue des Deux Mondes T.104, 1873

M. Strauss ne tient pas à être noble lui-même, cependant il aime qu’il y ait une noblesse privilégiée. Le suffrage universel est l’objet de son antipathie profonde, et son seul grief contre M. de Bismarck, c’est de l’avoir introduit en Allemagne. Le socialisme lui fait une peur atroce, et il ne saurait trop encourager les gouvernemens à lui courir sus, aussi bien qu’à l’ultramontanisme, cet autre ennemi juré du nouvel empire. Surtout qu’on se garde bien d’abolir la peine de mort pour faire plaisir aux utopistes, c’est un rempart indispensable à la sécurité sociale.
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