Auteur : Julien Viaud

Résumé

Auteur : Julien Viaud Revue des Deux Mondes

Dans les choses extérieures rien même qui s’associe à l’idée de la mort. Rien que deux couronnes de feuillage posées au pied de la dunette ; tout ce qu’un a pu trouver de plus vert dans ce pays nu : un peu de bambou et de tamarin, puis des branches prises aux arbres rares des pagodes, où sont piquées quelques petites pervenches du Cap roses, seules fleurs de Ma-Kung.
On aurait voulu le voir, lui, l’amiral ; mais il n’a pas été possible de l’exposer. Dans ce pays, la mort est trop immédiatement suivie de conséquences sinistres contre lesquelles il faut se précautionner à la hâte.
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Auteur : Julien Viaud Revue des Deux Mondes

Quand les officiers se retirent, il y a encore à la porte un groupe d’hommes qui prient qu’on les laisse entrer : ce sont tous les maîtres du bord qui veulent le voir.
Eux passés, il y a encore plus de monde à cette porte : cette fois ce sont les matelots qui attendent aussi leur tour comme une chose due. Alors il faut faire défiler, dans ce salon, tout l’équipage du vaisseau, et on voit se succéder lentement des centaines de jeunes figures consternées qui saluent, avec un respect timide, le grand mort.
Ensuite on le met dans son cercueil de plomb et de bois de camphre entouré de fer.
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Auteur : Julien Viaud Revue des Deux Mondes

Et bientôt, sûrement, la Chine entière saura la mort de l’homme qui la faisait trembler.
A neuf heures, de tous les bâtimens de l’escadre, partent des canots et des baleinières, menant les commandans et les états-majors à une messe privée qui va se dire à bord du Bayard pour le repos de l’amiral. Le temps se maintient couvert, morne, et la mer tranquille; les embarcations accostent doucement, et bientôt le vaisseau est tout rempli d’officiers. Pauvre Bayard ! autrefois brillant, aujourd’hui défraîchi, éraillé, fatigué par sa campagne glorieuse
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