Résumé

Charles Percier Recueil de décorations intérieures

Suivre la nature dans cette multitude d’objets qu’on comprend sous le nom d’ameublement, c’est savoir suivre avec les ordres du besoin les inspirations du plaisir ; c’est faire que le nécessaire ne soit jamais sacrifié à l’agréable, qu’il devienne même agréable, sans qu’on aperçoive la prétention à le devenir. La nature, c’est-à-dire le vrai modèle de chaque objet, de chaque meuble, de chaque ustensile est pour l’artiste cette raison d’utilité, de commodité qu’enseigne son emploi.
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Charles Percier Recueil de décorations intérieures

Si depuis l’invention de la gravure on eût employé cet art à recueillir et à transmettre toutes les inventions du genre dont nous parlons, avec quel plaisir ne parcourrait-on pas, dans un espace de trois siècles, la marche de l’esprit et du goût appliqués à ces ouvrages ? Avec quel intérêt ne suivrait-on pas dans leurs vicissitudes les efforts du génie tournant sans cesse dans une sorte de cercle, se trompant si souvent au mouvement même qu’il reçoit et imprime tour à tour, s’imaginant qu’il monte parce qu’il va plus loin, et revenant sans s’en apercevoir, au point dont il était parti.
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Charles Percier Recueil de décorations intérieures

Et comme pour les esprits sensés, le ridicule ne vaut la peine ni d’être évité, ni d’être affronté, le cours de la mode n’éprouve pas de résistance. Chacun y cède plus ou moins promptement, et l’on s’y conforme dans une multitude de choses qui, de près ou de loin, attaquent l’imitation du vrai et du beau.
Plus le goût et les plaisirs de ce qu’on appelle maintenant société se sont accrus, plus l’action de la mode a étendu son pouvoir, et il n’en est presque rien dans l’intérieur des maisons qui n’y soit subordonné.
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