Ernest Naville

Ernest Naville

Résumé

Portrait de Ernest Naville Ernest Naville Revue des Deux Mondes

La science de l’homme elle-même appelle une autre science. Quelle est la source des idées ? quelle est tout particulièrement la source des idées de l’éternel et de l’infini, — en un mot de l’absolu ? La question est précise ; un mot suffit à la résoudre, et ce mot, M. de Biran l’a déjà prononcé. Les besoins de son ame ont devancé les nécessités de sa philosophie. Le Dieu qu’il a réclamé pour appui de sa vie morale lui apparaît encore comme la seule explication possible de ces idées, que n’expliquent ni l’homme ni le monde, — comme le principe de l’éternel et de l’infini.
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Portrait de Ernest Naville Ernest Naville Revue des Deux Mondes

Revêtu de charges publiques importantes, jouissant d’une haute considération scientifique auprès des hommes capables de l’apprécier, Maine de Biran n’était pas heureux ; un amer sentiment de vide le poursuivait, sa vie morale manquait de base. On ne le voit jamais demander le bonheur à une position plus haute, à de plus grands revenus, à une réputation plus étendue ; il sait qu’il ne trouverait dans cette vie que déceptions et mécomptes, il le sait de cette science profonde qui arrête jusqu’aux désirs de l’imagination.
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Portrait de Ernest Naville Ernest Naville Revue des Deux Mondes

Le repos de la société, qu’on ne peut attendre de la souveraineté du peuple, il ne faut pas l’attendre non plus du règne de la force matérielle, du despotisme d’un seul. Le despotisme n’est le repos qu’en apparence, la contrainte n’est pas le calme ; et, comme le but dernier de l’ordre social est la protection du libre développement de chacun, un gouvernement qui ne maintient une paix extérieure que par la destruction violente de toute liberté individuelle manque par cela même au premier but de son institution.
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