Eugénie Guinault

Résumé

Eugénie Guinault Un républicain au village

« Sauve notre Empereur ! »
Qui conspirez au milieu de nos crises,
Au grand soleil, sans reproche et sans peur,
Amis zélés du fameux plébiscite,
Qui de la France êtes les assassins,
Malheur à vous ! voici qu’on décapite
La République sans républicains !
Vous qui, voyant la patrie expirante.
Êtes venus, parricides enfants,
Aux jours de deuil ouvrir sa main mourante,
Arrachant l’or de vos doigts triomphants.
Tremblez ! on dit tout bas, dans les provinces,
Que le trône a porté trop de Caïns :
Pour marche-pieds vous n’aurez pas, ô Princes,
La République sans républicains !
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Eugénie Guinault Un républicain au village

Le voisin Jérôme me disait l’autre jour, en manière de conversation, qu’en République on peut faire tout ce qui vous plaît et que ça ne regarde personne.
— La République, mon bon François, impose à chacun le respect des lois et de la liberté du voisin ; elle ne peut donc autoriser le désordre. La licence est le dévergondage de la liberté, c’est le contraire d’un bien, comme le vice est le contraire de la vertu.
En face d’un droit, il y a toujours un devoir. — La liberté vous donne le droit d’agir comme il vous plaît et vous impose le devoir de ne pas empiéter sur ce qui plaît à votre voisin.
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Eugénie Guinault Un républicain au village

La République, c’est votre mère, puisqu’elle vous a faits des hommes, vous qui, il n’y a pas cent ans, étiez une propriété et pas autre chose. Mais ceux qui veulent un trône ont tant d’intérêt à ce que vous ignoriez cette vérité, qu’ils ont arrangé d’avance des mensonges afin que, si un brave homme vous parle comme je fais, vous ne le croyiez pas.
— Dites donc, monsieur, sans vous commander, reprend la femme au gros François, c’est immanquablement ce gouvernement-là que prêche le monsieur du château, seulement, lui, il lui donne un autre sobriquet...
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