François-Augustin Paradis de Moncrif

Résumé

François-Augustin Paradis de Moncrif Essais sur la necessité et les moyens de plaire (1738)

On a dit que les Amans ne s’entretiennent les jours entiers, sans s’ennuyer, que parce qu’ils se parlent toujours d’eux-mêmes ; cette effusion de cœur me paroît appartenir plus raisonnablement à l’amitié. Après ce goût de préférence, qui nous attache à un ami véritable, après cette satisfaction si chére, de compter sur l’intérêt qu’il prend à notre bonheur, le plaisir le plus touchant, est celui de lui ouvrir son ame ; il faut donc réserver cette entiére confiance pour l’amitié ; dans les liaisons ordinaires, parler de soi, n’est le plus souvent qu’un foible qui tourne à notre désavantage.
Source : Gutenberg

François-Augustin Paradis de Moncrif Essais sur la necessité et les moyens de plaire (1738)

Cette indifférence n’est pas moins, ce me semble, un égarement de l’esprit, qu’une malheureuse insensibilité de l’ame sur le prix qu’on doit attendre de ce qu’on fait pour la Société ; le don de plaire, examiné avec les yeux de la raison, loin d’être regardé comme un succès satisfaisant, ne doit paroître qu’un moyen flatteur d’obtenir la plus douce de toutes les récompenses, le plaisir d’inspirer de l’amitié.
Source : Gutenberg

François-Augustin Paradis de Moncrif Essais sur la necessité et les moyens de plaire (1738)

Il me paroît qu’il a bien moins d’esprit que son frere : il n’a pas sû nous conter son combat, comme avoit fait si agréablement Alidor. Mon pere, répondit la Princesse, pardonnez si mon sentiment n’est pas conforme au vôtre. Thersandre ne me paroît avoir d’avantage sur Alidor, que l’élévation d’ame, qu’il montre, en n’étant point occupé de sa victoire : Eh, quelle différence cela met entr’eux ! Quiconque peut n’avoir point de vanité sur l’événement le plus brillant de sa vie, a sans doute une force d’esprit, une raison supérieure, qui ne se démentiront jamais.
Source : Gutenberg

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature