Résumé

Frédéric Paulhan Revue philosophique de la France et de l’étranger

« À quelle condition, se demande M. Caro [30] , puis-je réellement me retrouver, me reconnaître moi-même dans mon éternité future, garder enfin cette identité personnelle que l’on veut bien me permettre, mais que l’on semble craindre de définir ? » La première condition, d’après M. Caro, c’est le souvenir, puis la survivance des affections de la vie terrestre ; mais cela ne lui suffit pas et ici, il me semble, si atténuée, si voilée, si épurée, si l’on veut, que soit la pensée, il me semble commencer à voir apparaître un germe de matérialité.
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Il est évident que l’illimité ne peut être pris comme antithèse du divisible, car affirmer d’une chose que nous ne pouvons lui concevoir de limites, ce n’est pas dire qu’elle ne puisse être divisée.
On ne peut pas dire de l’infini que c’est un moins fini, comme l’absolu n’est qu’un moins relatif. Ici, la nature de l’antithèse change. Le concept négatif entraîne non pas seulement la négation de quelques-unes des limites, mais la négation de la concevabilité d’une limite quelconque, l’expérience ne nous les ayant jamais montrées.
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Je me propose ici d’examiner cette théorie, de discuter quelques-unes des objections adressées à M. Spencer et d’en présenter d’autres moi-même.
D’après M. Spencer, la religion et la science ont chacune leur domaine distinct : la science s’occupe des phénomènes, du relatif, du connaissable ; la religion, du noumène, de l’absolu, de l’inconnaissable. L’objet de la religion est réel : l’absolu existe, mais nous ne pouvons le connaître, telle est la vérité dernière que reconnaissent à la fois la religion et la science, et qui doit devenir la base de leur réconciliation.
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