Résumé

L. Carrau La philosophie de G. H. Lewes

L’un n’est que l’envers de l’autre. En tant que l’objet est défini : ce qui peut tomber sous les prises du sujet, il n’en est pas substantiellement distinct. Mais, d’autre part, on peut concevoir l’objet comme la totalité de l’existence ; en ce cas, il n’est plus seulement l’autre côté du sujet, car cette totalité déborde infiniment le cercle étroit dans lequel se meut la connaissance du sujet ; il est un cercle plus large qui enferme l’objet-sujet.
La position de M. Lewes, entre l’idéalisme et le réalisme vulgaire, est donc celle d’un réalisme raisonné.
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L. Carrau La philosophie de G. H. Lewes

M. Lewes signale, avec raison, l’importante différence qui sépare la conception de la perception. Il montre fort bien que la conception est le produit d’une abstraction et qu’elle exprime sous la forme d’une unité symbolique ce qu’il y a de commun à un grand nombre de perceptions. La conception est l’essentielle condition de la pensée, elle est le privilège, la caractéristique de l’homme. Tout cela, sans être bien nouveau, est parfaitement juste ; mais tout cela nous semble impliquer l’existence d’une activité qui n’est pas celle de l’organisme.
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La connaissance ne commence vraiment qu’avec la conception, signe de toute une classe de perceptions, et l’enchaînement, la synthèse des conceptions constitue la logique des signes. Elle est l’œuvre du langage ; car tout mot est un abstrait. Mais l’éclosion du langage n’est possible que dans le milieu social ; et ainsi l’homme isolé est incapable de penser parce qu’il est incapable de parler. Le milieu social ne crée pas seulement l’intelligence proprement dite ; c’est lui qui dans l’ordre des affections, donne naissance aux tendances impersonnelles, sympathiques, altruistes.
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