Résumé

Portrait de George Sand George Sand Le diable à Paris : Paris et les parisiens…

Je hais Paris, parce que c’est la ville du luxe et de la misère, en première ligne. Je ne m’y amuse point, parce que je n’y vois rien que de triste et de révoltant. Je ne saurais m’y plaire, parce que je rêve le règne de l’égalité, et que je vois ici le spectacle et la consécration insolente et cynique de l’inégalité poussée à l’extrême. J’ai les tristesses d’un philosophe, bien que je sois un pauvre philosophe.
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Portrait de George Sand George Sand Le diable à Paris : Paris et les parisiens…

Ces tableaux, ces statues, ces bronzes, cet orchestre, ces belles étoffes, ces gracieux ornements de pierreries au front des femmes, tout ce luxe, c’est l’œuvre de l’art ; et l’art est une mission divine que l’humanité doit poursuivre et agrandir sans cesse. Ces artistes, qui cherchent là des jouissances exquises, échange bien légitime des jouissances données par eux-mêmes à la société, ils ont le droit d’aimer le beau, et ils obéissent à leur instinct supérieur en cherchant à s’y retremper sans cesse.
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Portrait de George Sand George Sand Le diable à Paris : Paris et les parisiens…

Mais c’est l’humanité, entendez-vous ? c’est le monde des humains, c’est tout le monde qui doit jouir ainsi des fruits de son labeur et de son génie, et non pas seulement votre petit monde qui se compte par têtes et par maisons. Ce n’est pas votre monde de fainéants et d’inutiles, d’égoïstes et d’orgueilleux, d’importants et de timides, de patriciens et de banquiers, de parvenus et de pervertis ; ce n’est pas même votre monde d’artistes vendus au succès, à la spéculation, au scepticisme et à une monstrueuse indifférence du bien et du mal.
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