Georges Feydeau

Georges Feydeau

Résumé

Portrait de Georges Feydeau Georges Feydeau Occupe-toi d’Amélie !

Hein ! Tu veux que j’épouse Amélie ?
AMÉLIE. Tu veux me marier à Marcel ?
MARCEL. Ah ! non ! J’aime bien Amélie, mais de là à l’épouser... !
POCHET, avec dignité et comme un argument sans réplique. Quoi ! J’ai bien épousé sa mère !
MARCEL. Ah ! Je ne vous dis pas, mais Amélie... ! ah ! non !
ÉTIENNE. Mais, là ! là ! il ne s’agit pas de ça ! Ah ! bien, merci ! te donner Amélie ! elle, si bonne !... si droite !... si fidèle !...
Sur chaque qualificatif, il donne un baiser à Amélie, avec plus l’envie de la mordre que de l’embrasser.
AMÉLIE, sur les mots « si fidèle », gênée. Tais-toi !
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AMÉLIE. Rien du tout !
MARCEL. C’est trop fort !
AMÉLIE. Eh ! bien, et toi ?
MARCEL. Mais moi non plus !
AMÉLIE. Eh ben ! alors ?
MARCEL. Ah ! mais, c’est que tout est là : Avoir ou n’avoir pas !... comme dit Shakespeare ! Il est évident, parbleu, que si on n’a été que frère et sœur... ! Mais voilà !... l’a-t-on été ?
AMÉLIE, indiquant le ciel de la tête. Dieu seul le sait !
MARCEL, au pied du lit. Et je le connais !... il ne nous le dira pas !
AMÉLIE. Non !
MARCEL. Enfin, n’importe ! Avant tout, l’essentiel est qu’Étienne fasse comme nous : qu’il ignore !
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VALCREUSE, À Amélie. Tu n’as pas un Delna ?
AMÉLIE. Non ! mais j’ai le récit de Théramène par Sylvain.
TOUS, d’un seul cri. Non !
AMÉLIE. Bon, adjugé !
BIBICHON, se levant, et tout en gagnant vers le piano (côté du clavier) pour aller chercher un cigare. Ah ! c’est tout de même une invention admirable, ce gramophone ! penser que dans cent ans nous pourrons entendre des gens qui ne seront plus depuis des années !
PALMYRE, riant. Oh ! dans cent ans... !
BOAS. Toi surtout !
BIBICHON, tout en choisissant un cigare. Oui, je serai un peu tapé !
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