Résumé

Georges Pellissier Études de littérature et de morale contemporaine

Si nuisible que soit le fanatisme à la société humaine, l’athéisme ne l’est guère moins, voilà le point essentiel de son argumentation. Pratiquer la vertu sans croire à un Dieu, cela demande, pense-t-il, une élévation d’intelligence et une force d’âme qui ne peut être que le partage d’un petit nombre. Aussi doit-on confirmer et affermir cette croyance nécessaire au maintien de la société.
Vous le voyez, qu’il s’agisse du libre arbitre, de l’âme ou de Dieu, Voltaire assujettit la métaphysique à la morale.
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Georges Pellissier Études de littérature et de morale contemporaine

Voltaire, nous l’avons vu, reconnaît qu’il y a une foule de choses qui dépassent l’intelligence humaine, et, devant ces mystères, il suspend son jugement, il s’incline ; mais ce qu’il ne veut pas, c’est admettre ce qui contredit la raison. Du reste, les vérités nécessaires à notre salut doivent être des vérités parfaitement claires. La religion doit entrer dans le cœur comme la lumière dans les yeux. Si Dieu tenait les vérités secrètes et nous punissait ensuite de ne pas y croire, il serait le plus injuste et le plus cruel des tyrans.
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Aucun autre écrivain ne servit mieux la morale humaine. Non seulement il éclaira et libéra les esprits, mais il s’appliqua avec un zèle infatigable à introduire dans les rapports des hommes entre eux plus de justice et plus d’amour ; et il fut surtout l’ennemi du fanatisme, l’apôtre de la tolérance.
Si Voltaire n’est pas exempt de faiblesses, ce n’est pas pour ces faiblesses qu’il a des ennemis, c’est pour ce que nous admirons en lui et que nous aimons, pour son action de philosophe, pour la guerre qu’il fit aux abus, aux superstitions, aux iniquités.
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