Henry de Golen

Résumé

Henry de Golen Le pardon d'amour (1938)

Il s'arrêta devant la chambre de Ginette. Elle voulut se dégager, retirer sa main de celle de son amant. Il retint cette petite main brûlante.
— Je t'en prie, dit-il d'une voix tremblante, la figure ravagée, beau de passion. Je t'en prie, écoute-moi !... Je t'ai prise... Et je vois que je t'ai surprise. Oh ! si tu m'aimes, comme j'ai besoin de te croire !
— Mais ne pensez-vous pas que je vous aime ?
— Peut-être. Un homme n'est jamais sûr. Permets-moi de te suivre chez toi... Ginette, mon amour, je te veux consentante. Je n'ai eu qu'une partie de toi; cela ne me suffit pas !...
Source : Gallica

Henry de Golen Le pardon d'amour (1938)

La douleur de Suzanne fut accablante. Elle perdait le meilleur des maris, des compagnons; auquel elle devait tout. Le mot de veuve lui déchirait le cœur. Et sans enfants à choyer, auxquels se raccrocher, combien n'allait-elle pas souffrir de la solitude!
Jusqu'aux obsèques de son mari, tant de choses occupèrent Suzanne qu'elle ressentit moins cruellement l'amplitude de la perte qu'elle venait de faire. Mais après les obsèques de son mari, lorsqu'elle se retrouva, à trente-six ans, et sans enfants, au trop
grand foyer maintenant pour elle de l'hôtel de la rue de l'Université, elle se désola.
Source : Gallica

Henry de Golen Le pardon d'amour (1938)

Une seule visite lui procurait une grande joie, la tirait de son marasme : celle de Gaston Valois. Son regard morne s'éclairait lorsqu'on venait lui annoncer la visite de l'artiste, et elle s'empressait de venir le rejoindre au salon ou dans le grand atelier de l'hôtel Boisson, où, maître et vieil élève, avaient jadis travaillé si souvent ensemble, où flottaient tant de souvenirs chers et semblables.
Le peintre, âgé maintenant de vingt-neuf ans, demeurait fidèle à la mémoire de l'homme généreux auquel il estimait devoir une partie de sa grande réussite.
Source : Gallica

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