Résumé

J. Pérodeaud Le Cabinet anglais à l’ouverture du Parlement

Si, comme il y a lieu de le croire, la Russie s’est résignée sans arrière-pensée, si la France, qui a dès le début accepté la lutte plus résolument que l’Angleterre, et qui n’a laissé à personne le droit de se montrer plus difficile qu’elle-même touchant les garanties de la paix, si la France est d’avis qu’il y a lieu de s’arrêter et de remettre l’épée dans le fourreau, lord Palmerston n’aurait pas seulement mauvaise grâce à vouloir prolonger la guerre, il compromettrait gratuitement la position que les circonstances et sa propre habileté lui ont faite.
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Lord John Russell avait donc parfaitement le droit d’adopter à Vienne d’autres vues que celles qu’il avait en partant de Londres. Ce qui est moins explicable de la part d’un homme profondément versé dans les habitudes constitutionnelles, c’est que, n’ayant pu faire partager à ses collègues sa nouvelle manière de voir, il ait continué à siéger à côté d’eux, exposé tous les jours soit à s’entendre demander compte d’opinions qui n’étaient plus les siennes, soit à trahir quelque dissidence qui ne pouvait que nuire à la considération du gouvernement.
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Aussi la reine, en le mettant à la tête d’un nouveau cabinet, ne fit-elle en quelque sorte qu’homologuer l’arrêt d’une puissance plus souveraine qu’elle-même, l’arrêt de l’opinion publique. Il n’y eut pas jusqu’à lord John Russell qui, malgré de vieilles antipathies et de récentes rivalités, ne se crût obligé, sous la pression irrésistible des circonstances, d’accepter lord Palmerston comme l’homme nécessaire, et d’abaisser sa propre importance au rôle de simple utilité ministérielle dans le département des colonies.
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