Résumé

K. Gorbounof Revue des Deux Mondes

Bien qu’Azamat aimât la jolie Karatchaïka plus que son âme, comment un pauvre diable tel que lui aurait-il pu songer sérieusement à aborder le hautain Iwak, pour acquitter la forte somme d’olon (rachat de la fiancée) que ce dernier demanderait indubitablement, s’il n’eût été encouragé par la jeune fille elle-même ?
D’après les coutumes tchérémisses, aucun père ne mariait sa fille de son plein gré ; aucun jeune homme n’obtenait sa fiancée autrement que par un enlèvement de vive force. Mais, habituellement, tout s’arrangeait moyennant l’olon.
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K. Gorbounof Revue des Deux Mondes

Le regard fixé sur l’Orient dans une extase forcenée, ses lèvres murmurèrent les paroles terribles qui appelaient tous les maux sur la tête de l’assassin.
Tout à coup, elle quitta son attitude agenouillée et se mit à tournoyer follement autour d’elle-même, en criant avec rage la formule finale : « Méchant Keremeth ! exauce ma prière ; tue l’assassin ! méchant Keremeth ! »
V. Trois jours étaient déjà écoulés depuis la mort d’Iwak. On ne savait toujours rien d’Azamat.
Deux Tchérémisses cheminaient le long d’un étroit sentier à travers les taillis fourrés sous les pins élancés de la forêt.
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Le triste cortège se mit en marche vers le village. On vit un des voisins accourir à leur rencontre, faire des questions. Pour toute réponse, on entendit les noms d’Azamat et de Milibay, de Tcharykino.
Et, de nouveau, un silence morne, rompu uniquement par le trot lent, mesuré des chevaux. On voyait déjà luire de faibles lumières aux fenêtres de Sarkino, dont les habitans se tenaient rassemblés autour de l’izba d’Iwak. Aucun d’eux ne voulait rentrer chez lui avant d’avoir appris si Iwak avait réussi à arracher sa fille à son ravisseur. Tout le monde était d’humeur sombre.
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