Leconte de Lisle

Leconte de Lisle

Résumé

Portrait de Leconte de Lisle Leconte de Lisle,  L’Apollonide

“ KRÉOUSA, fièrement et sans daigner regarder son interlocuteur.
Je suis Kréousa, Reine et du sang d’Érekhthée.
Et j’habite Athènâ la cité de Pallas
IÔN, avec la plus grande admiration
Ô ville illustre ! Enfant d’un noble père !
KRÉOUSA, atterrée
Hélas ! que me sert, étranger, le sang dont je suis née !
En ai-je moins subi la sombre destinée ?
IÔN, avec avidité
Est-il vrai que le Dieu, le Roi des flots sans frein
D’un seul coup de son trident d’airain,
Dans Makrâ qui s’entrouve ait englouti ton père ?
KRÉOUSA, éclatant et hors d’elle
Makrâ ! ne parle pas de cet impur repaire.
”
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Portrait de Leconte de Lisle Leconte de Lisle,  L’Apollonide

“ IÔN, se rapprochant
Allez ! Ah ! Que Xouthos aussi se hâte et vienne !
Quelle félicité, Père, sera la tienne !
KRÉOUSA
Xouthos n’est rien pour toi ! Tu n’es pas né de lui !
IÔN
Que dis-tu ?
KRÉOUSA, (sombre et morne) .
Que dis-tu ? Le flambeau nuptial n’a pas lui.
Pour l’union fatale... à qui tu dois la vie.
(avec une tendresse infinie)
Toi, dont l’âme naissante, hélas, me fut ravie !
Sache enfin ce secret terrible et... glorieux...
(avec la plus grande solennité)
C’est un plus noble sang, oui ! c’est le sang des Dieux
C’est un plus noble sang, oui !
”
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Portrait de Leconte de Lisle Leconte de Lisle,  L’Apollonide

“ Scène I Le rideau se lève lentement — Bois et rochers à droite et à gauche — Une grande tente fermée occupe tout le fond de la scène — Le jour baisse. — Au lever du rideau, KRÉOUSA abîmée dans une profonde douleur est assisse sur un banc de pierre à droite.
LE VIEILLARD paraît et entre d’un pas assez précipité.
À la vue de la Reine, LE VIEILLARD s’arrête respectueusement au fond de la scène.
Sinistres pensées de KRÉOUSA
KRÉOUSA
Ô vieillard, serviteur de l’antique maison
de mes pères Les Dieux ont troublé ma raison
Et d’un âpre chagrin mon âme est tourmentée !
”
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