Marcel Collière

Résumé

Marcel Collière La Revue blanche

Un de ces hasards qui ne font jamais défaut au génie alluma l’étincelle dans le cerveau de don Tomas. Un jour, dans un des villages où la propagande ouvrière était des plus actives, à Villamartin, il aperçut sur un mur l’empreinte, à l’encre, d’une main. Cette empreinte se reproduisait plusieurs fois. Un individu quelconque s’était renversé un encrier dans la main, et n’avait pas trouvé pour s’essuyer de procédé plus simple. Don Tomas tressaillit. Quel signe de ralliement, quel symbole pour la terrible association ! La Mano Negra, la main noire, quel titre !
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Marcel Collière La Revue blanche

Le gouvernement actuel de l’Espagne s’honorera en désavouant l’injustice commise par un de ses devanciers. Je dis en désavouant et non en réparant, car pas plus qu’on ne peut ressusciter les victimes du garrote, il n’est au pouvoir de personne d’offrir aux condamnés une compensation suffisante pour les vingt ans de leur vie qu’a dévorés l’horreur du bagne. Mais leur mise en liberté, la proclamation de leur innocence et de l’infamie de leurs bourreaux sera un soulagement pour la conscience de l’humanité, devant qui la justice ne se prescrit pas.
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Marcel Collière La Revue blanche

Beaucoup des accusés étaient montés sur l’échafaud, le bagne s’était fermé sur les autres : on put respirer et penser à autre chose ; mais le souvenir de la Mano Negra demeura, imprécis mais d’autant plus formidable, comme d’un terrible péril social, heureusement conjuré par l’énergique prudence de l’autorité.
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