Résumé

Marie Autheman Valentine Fabrège-Montaud (1870-1893… (1894)

Elle n'avait cessé de regarder la pendule, comme sous l'empire d'une idée fixe: craignait-elle de rendre le dernier soupir avant d'avoir dit adieu à M. Dubrueil? Appréhendait-elle, pour son cher docteur, le
déchirement de la séparation? Ce qui est certain, c'est qu'elle pensait à lui. Soudain, il entre, vers onze heures et demie, suivant son habitude. M. Fabrège se précipite à son cou, en s'écriant : « Elle n'attend que vous pour nous quitter ! » A l'instant même, Valentine incline doucement la tête, sans pousser le plus léger soupir. Son âme venait de s'envoler, l'ange était monté au Ciel !
Source : Gallica

Marie Autheman Valentine Fabrège-Montaud (1870-1893… (1894)

Valentine le sentait bien, c'est pourquoi ses traits rayonnaient d'allégresse au milieu de l'appareil si triste de la mort.
Ce que le monde appelle le réel n'est que l'apparence, la transition ; l'idéal, l'invisible, voilà la vraie réalité.
Le voisinage du Ciel plongeait Valentine dans un ravissement inexprimable. A mesure que le prêtre lui faisait les saintes onctions, elle avait conscience de la métamorphose qui s'opérait en elle. Le vase d'argile allait se briser; l'âme, devenue libre, s'élancerait vers l'infini ; aucun obstacle ne la séparerait plus désormais de son Dieu.
Source : Gallica

Marie Autheman Valentine Fabrège-Montaud (1870-1893… (1894)

Oh ! que Valentine était admirable lorsque, dans les affres de l'agonie, elle s'oubliait pour ne songer qu'aux siens ! Qu'il était beau de la voir les envelopper d'un regard où semblait se condenser toute son affection, les réunir dans une suprême étreinte en s'écriant : « Comme nous nous aimons ! » les bénir de la main ou de la croix, bénir aussi les domestiques agenouillés, presser contre son cœur, avec une confiance affectueuse, l'image sacrée du crucifix, la couvrir de baisers, chanter un hymne de reconnaissance et d'amour !
La terre disparaît sous ses pieds
Source : Gallica

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