Résumé

Portrait de Marie Lenéru Marie Lenéru Quelques lettres intimes

Mme B..., toujours merveilleuse d’entrain, nous a fait les honneurs de ses bois, de ses avenues, de ses collines dignes de Porthos. Maman ne s’était malheureusement pas jointe à une promenade faite du Trez-Hir avec les Willotte, à bord du yacht des Ponts-et-Chaussées. C’est une chose unique, une journée de passerelle, tout le monde en silence dans les allongeoirs, parce que, battus jusqu’à surdité, mutité et presque cécité par le vent ; mais on se souvient quand même de quoi faire dédaigner bien des choses.
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Portrait de Marie Lenéru Marie Lenéru Quelques lettres intimes

Il y a toujours à faire en ce monde, il y a toujours à vivre, et je ne vois pas pourquoi on aurait moins d’entrain en s’éloignant de la bête jeunesse, où l’on ne comprend et ne sent rien. Vieillissez, vous, chers tante et tonton, sans préjugés et sans peur. Il n’y a pas de vieillesse, il n’y a que des vieillards et vous n’en serez jamais.
Je vous embrasse solennellement et suis de tout coeur,
Votre nièce, Marie.
Samedi (février ou mars 1898) .
Mon cher tonton,
La « présente » est pour te demander un renseignement que tu voudras bien transmettre à Fernande le jour où elle m’écrira.
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Portrait de Marie Lenéru Marie Lenéru Quelques lettres intimes

Voilà où il faut que tu passes l’été. Tu seras très bien chez Mme Cornen, l’unique et précieuse aubergiste du Trez-Hir. Tu auras une fenêtre à balcon, la seule du pays, et Carle apprécierait les merveilleux effets de lumière sur ce sable qui ressemble à une neige. C’est tellement dépeuplé que le pays
a l’air créé uniquement pour vous, et je pense à ce mot de Lacordaire « Dieu n’a pas formé une contrée, dessiné un rivage, creusé une baie, sans savoir pour quels peuples et pour quelles âmes il travaillait. » Hum... Enfin, je m’approprie le Trez-Hir.
Au revoir, ma bonne tante chérie.
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