Nicolas-Louis-Marie Magon La Gervaisais

Résumé

Nicolas-Louis-Marie Magon La Gervaisais L'État de guerre dans la société… (1833)

La reconnaissance tacite du droit de guerre, la consécration formelle du fait de conquête : voilà ce qu'exprime la légalité, avec toute la naïveté de l'égoïsme.
La légalité érige le despotisme, sur la servitude.
Encore par le laps du temps, le despotisme se blase et la servitude s'efface.
Au contraire, sous le coup d'une crise nouvelle , le despotisme est d'autant plus rigide, la servitude est d'autant plus pénible.
Car d'un bord, la crise rendue au terme laisse des craintes; car de l'autre, la crise entendue à l'origine, donnait des espoirs.
Source : Gallica

Nicolas-Louis-Marie Magon La Gervaisais L'État de guerre dans la société… (1833)

Les partis sont en guerre : la masse reste en servitude. Tel est le sommaire de l'histoire.
Pour les partis, il y a là veille, le jour, le lendemain.
Pour la masse , le temps ne se meut pas.
Les partis se battent entr'eux, tour à tour vainqueurs et vaincus.
La masse se bat aussi ; et met sa vie à leur service , et donne la victoire, et reçoit son congé.
Les partis se battent, non pas dans la vue de se libérer d'une chaîne légère pour eux ; mais bien à l'effet d'enlever, d'empoigner la chaîne si lourde, si rude dont est chargée la masse (1) .
Source : Gallica

Nicolas-Louis-Marie Magon La Gervaisais L'État de guerre dans la société… (1833)

L'état de guerre est dans la société, et par suite l'état de conquête, l'état de servitude ; tant que l'insurrection ne répond pas à l'oppression.
Sous les formes quelconques de gouvernement, bien qu'à un degré plus ou moins haut, cela se rencontre.
Et cela se nomme vulgairement, l'état de légalité.
La légalité, la légitimité, qui ne s'accordent que fortuitement, portent des caractères fort distans et même contrastans.
Celle-ci émanant des lois de la nature humaine, essentielles et permanentes; que rend le sentiment, à défaut de la raison.
Source : Gallica

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