P. Imbart de La Tour

Résumé

P. Imbart de La Tour Revue des Deux Mondes

La vérité religieuse s’infuse, opère en nous, sans nous, et malgré nous-mêmes : l’homme n’est plus rien et Dieu est tout. Mais, pour épurer la foi, on voit ce que Luther supprime dans le christianisme : non pas tant l’héritage de la pensée antique, que sa propre tradition. Et il ne change point seulement le sens de la vie chrétienne, mais le sens de la vie, ayant broyé, sous ce mécanisme spirituel, ces moteurs ailés de l’âme, sa liberté comme sa raison, ce par quoi l’homme, dans l’univers est devenu le coopérateur de Dieu.
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P. Imbart de La Tour Revue des Deux Mondes

Les œuvres sont un produit de la foi comme le fruit de l’arbre. Et d’un mot, la foi est dans nos âmes la loi vivante, ce par quoi Dieu pense, agit, opère en nous, substituant sa justice à la nôtre, sa vie à la nôtre, et nous révélant, dans le sentiment même de notre misère, notre guérison.
Péché, justification, foi ! Le système luthérien est trouvé ; pour achever de se dessiner, il n’aura plus qu’à formuler le principe scripturaire. Doctrine d’une simplicité et, partant, d’une puissance incomparable, créatrice d’action, dans ses négations mêmes.
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P. Imbart de La Tour Revue des Deux Mondes

À Bâle, à Zurich, à Strasbourg, à Paris, en Espagne, en Italie, à Rome même, dans toutes les forteresses de la vieille théologie, dans les cénacles de la culture nouvelle, il est un sujet de contradiction. Qu’on juge de sa force aux espérances qu’il éveille, comme aux colères qu’il déchaîne !... Une révolution religieuse commence, qui, bientôt sociale et politique, va soulever l’Allemagne et déchirer l’Europe, partout où les esprits, enhardis par le succès, enfiévrés par la violence, vont monter à l’assaut du vieil édifice pour reconstruire à sa place, et sur leur plan, l’Église du fondateur.
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